Abud, Beit Sira, Bil’in, Tulkarem

ISM, mardi 7 mars 2006

Luttes populaires contre le Mur d’annexion et les check-​​points

Ramallah - 04-​​03-​​2006

Bil’in et Beit Sira marchent ensemble pour la Paix

Par Henry et Sara

Les pro­tes­ta­tions non-​​violentes heb­do­ma­daires contre le Mur d’Apartheid se sont pour­suivies ce ven­dredi à Bil’in et à Beit Sira, avec les Pales­ti­niens des deux vil­lages rejoints une fois encore par des Inter­na­tionaux et des Israé­liens pour afficher leur résis­tance au vol continu des terres de leurs vil­lages pour la construction du Mur d’Apartheid.

Après l’action directe de la matinée contre le Mur à Bi’in, la mani­fes­tation s’est déplacée à Beit Sira où le village a com­mencé sa lutte contre le Mur ces der­nières semaines.

Le tracé du Mur à Beit Sira est conçu pour annexer à Israel la colonie de Makabim ainsi que d’autres terres de Beit Sira. Ismael Mahmoud, un membre du Comité Popu­laire Contre le Mur, a indiqué à l’ISM que les Forces de l’Occupation Israé­lienne ont déjà déraciné plus de 1500 oli­viers du village afin de construire la bar­rière qui isolera plus de 800 dunums (80 ha) de terres du village.

Plus de 500 per­sonnes ont assisté à la marche d’aujourd’hui, dont beaucoup de Pales­ti­niens de Bil’in et d’Israéliens qui ont été blessés dans l’action du matin ainsi que des acti­vistes inter­na­tionaux. Les mani­fes­tants ont marché du village jusqu’aux terres détruites par la construction du Mur, à côté de la colonie de Mac­cabim. Rapi­dement, le groupe de mani­fes­tants s’est approché de la police des fron­tières et des soldats israé­liens, mais il a pû passer les dépasser, malgré leurs poussées et leurs rondes sur la route adjacente.

Beaucoup ont été consternés de voir cer­tains membres de la même unité de police des fron­tières qui a tiré à bout portant sur Matan Cohen, 17 ans, de Tel Aviv, membre des "Anar­chistes Contre la Bar­rière" le blessant à l’oeil et sur Hussni Rayan de Beit Sira.

Après avoir changés de direction et être passés sur la route, les mani­fes­tants ont encerclé une jeep mili­taire israé­lienne armés seulement de branches d’oliviers, de dra­peaux et d’un méga­phone face au déploiement de tout l’armement des Israéliens.

La police des fron­tières s’est ruée sur les mani­fes­tants afin de tenter de dis­perser la mani­fes­tation paci­fique, en uti­lisant des matraques et des bou­cliers pour frapper les gens non armés et en jetant des bombes assour­dis­sants. En faisant cela, cer­tains poli­ciers des fron­tières sont sortis de la route pour aller dans l’oliveraie. De nom­breuses per­sonnes ont été blessés suite à la vio­lence israé­lienne. En quelques minutes, la situation s’est calmée et les gens de Beit Sira ont pû faire leurs dis­cours et parler du Mur et de la situation poli­tique en Palestine. Pendant ce temps, les volon­taires de l’ISM ont sur­veillé la police des fron­tières qui pré­parait leurs bombes assour­dis­santes et le gaz lacry­mogène pour les uti­liser contre les mani­fes­tants non-​​armés.

Alors que la mani­fes­tation se ter­minait et que les gens com­men­çaient à s’éloigner, ils ont com­mencé leur agression, ce qui a pro­voqué le jet de pierres par les jeunes garçons locaux. La lutte de Beit Sira conti­nuera, d’autres pro­tes­ta­tions sont pro­grammées pour les pro­chaines semaines. Quand la mani­fes­tation de Beit Sira s’est ter­minée, les acti­vistes sont partis pour Bil’in parce que nous avions appris que les soldats de l’occupation étaient entrés dans le village. Quand nous sommes arrivés, il s’est avéré que ce n’était pas le cas mais que les Forces de l’Occupation Israé­lienne tiraient sur les jeunes lan­ceurs de pierres du village avec des balles en caou­tchouc et du gaz lacry­mogène d’une façon très dangereuse.

Environ trente acti­vistes israé­liens, inter­na­tionaux et pales­ti­niens se sont dirigés vers les soldats pour attirer leur attention qu’ils cessent de tirer sur les jeunes garçons.

Quand ils sont arrivés au Mur, les Pales­ti­niens ont montré aux soldats des docu­ments de tri­bunal leur donnant droit à accéder à la terre ce qui a été séparée du village par le Mur.

Alors que les soldats citaient un ordre de "Zone Mili­taire Fermée", les pro­tes­ta­taires ont refusé de partir et se sont assis devant les jeeps de l’armée et un grand nombre de soldats israé­liens. 20 minutes plus tard, le Comité Popu­laire a décidé de quitter le secteur et de retourner au village. Du gaz lacry­mogène a été tiré après le départ des acti­vistes, mais en général, les choses sont restées calmes. Récemment, Bil’in a agrandi ce qui est la pre­mière colonie pales­ti­nienne, ins­tallée à l’ouest de la bar­rière, ainsi qu’un second avant-​​poste tout près.

Abdullah Abu Rahma, coor­di­nateur du Comité Popu­laire Contre le Mur, indique qu’ils ont ins­tallé la maison près du mur en tant qu’autre moyen de pro­tes­tation contre l’expropriation de terres pour la construction et l’expansion des colonies.

Avec der­rière eux un an de lutte, leur volonté de résister à l’occupation et au Mur d’Apartheid n’a pas diminué.

Le Mou­vement Inter­na­tional de Soli­darité (ISM) invite les volon­taires à venir en Palestine pour les cam­pagnes de Prin­temps et d’Eté de l’ISM. La cam­pagne de Prin­temps de l’ISM se déroule du 1er mars au 23 avril 2006, et l’Eté de la Liberté aura lieu du 2 juillet au 5 août 2006.

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Ramallah - 04-​​03-​​2006

Aboud arrête la construction du Mur

Par Harry

La popu­lation d’Aboud a reçu jeudi une décision de tri­bunal de la Cour Suprême israé­lienne demandant la ces­sation de la construction du Mur dans ce secteur pendant 14 jours. Malgré cela, à 11h jeudi matin, les vil­la­geois voyaient tou­jours tra­vailler les bull­dozers et détruire leurs terres. Un ras­sem­blement de 100 Pales­ti­niens, Israé­liens et Inter­na­tionaux sont des­cendu, la décision de tri­bunal en main, pour imposer cette décision.

Nous sommes des­cendu du village en passant par la route alors que les Forces de l’Occupation pen­saient que nous allions couper à travers la colline.

Comme les soldats de l’occupation ne pou­vaient pas phy­si­quement nous bloquer parce qu’ils étaient trop loin­tains, ils ont eu recours au gaz lacry­mogène, mais nous avons continué. L’armée nous a fina­lement rattrapés.

Après avoir tiré une bombe assour­dis­sante et hurlé, ils ont fina­lement été dis­posés à parler.

Ils ont juré qu’ils avaient cessé le travail depuis 1 heure et qu’ils n’allaient plus violer l’ordre de tri­bunal (peut-​​être parce que c’était le début de leur week-​​end). Les vil­la­geois ont déclaré qu’ils sur­veille­raient et qu’ils revien­draient si l’ordre de tri­bunal était à nouveau violé. La Bar­rière près d’Aboud construite sur la Ligne Verte, à 6 kilo­mètres à l’ouest du village, est déjà achevée et main­tenant une seconde bar­rière est en construction sur les terres d’Aboud, à proximité du village, pour annexer les colonies de Beit Arye et d’Ofarim à Israel. Ces colonies ont été ins­tallées illé­ga­lement dans les années 80 sur les terres d’Aboud. La bar­rière de Sépa­ration doit per­mettre à Israel de voler encore plus de terres agri­coles du village, et ce, en vio­lation du droit international.

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Tulkarem - 04-​​03-​​2006

Tulkarem : Manifestation contre le checkpoint de Jubarra

Par ISM

Une série d’actions non-​​violentes aura lieu cette semaine dans la région de Tul­karem pour pro­tester contre les check­points de déshu­ma­ni­sation entourant Tul­Karem et contre la Bar­rière de Sépa­ration qui ont détruit l’économie de la région. La pre­mière action aura lieu le samedi 4 mars à 10h30 au check­point de Jubarra.

La popu­lation de Tul­karem se ras­sem­blera à la gare rou­tière pour accueillir les acti­vistes de l’extérieur de la ville à 11h. L’action sou­li­gnera les effets dévas­ta­teurs de l’occupation sur l’économie pales­ti­nienne. Des mil­liers d’étudiants, d’employeurs, de pro­fes­seurs, de patients, d’ouvriers et de com­mer­çants emploient chaque jour les check­points pour se déplacer entre les vil­lages et les villes environnants.

Ils sont souvent soumis à la stra­tégie inutile de l’humiliation qui se concrétise par de longues périodes d’attente et du refus fré­quent de passage.