Abbas reste à la tête de l’Autorité palestinienne

l’Orient le Jour, vendredi 18 décembre 2009

L’OLP a prorogé les mandats du pré­sident Mahmoud Abbas jusqu’à l’organisation de nou­velles élec­tions, afin d’éviter une crise poli­tique et institutionnelle [1].

« Le Conseil central de l’OLP a pris la décision de pro­longer le pré­sident Abbas dans ses fonc­tions jusqu’à la tenue de la pro­chaine élection pré­si­den­tielle », a déclaré à l’AFP Qaïd al-​​Ghoul, un repré­sentant de l’Organisation de libé­ration de la Palestine (OLP). Cela signifie que M. Abbas, un modéré, va rester à la tête de l’Autorité pales­ti­nienne, au grand sou­la­gement de la com­mu­nauté inter­na­tionale, en dépit de rumeurs récentes de démission. Il avait fait part le mois dernier de son intention de ne pas se repré­senter à la pro­chaine pré­si­den­tielle. « Le CCOLP a également décidé de pro­longer le mandat du Par­lement jusqu’aux pro­chaines légis­la­tives, confor­mément à la Loi fon­da­mentale (Consti­tution) pales­ti­nienne », a ajouté M. al-​​Ghoul, à l’issue d’une réunion de 48 heures de cette ins­tance à Ramallah (en Cis­jor­danie).

Cette décision, qui était attendue, a été acceptée par M. Abbas mais rejetée avec force par le mou­vement isla­miste Hamas qui a dénoncé « un nouveau stra­tagème pour légi­timer Abbas ». « Le mandat de Mahmoud Abbas est terminé et per­sonne n’a le droit de le pro­longer », a com­menté Fawzi Barhoum, porte-​​parole du Hamas.

En pro­ro­geant les mandats de l’Exécutif et du Légis­latif de l’Autorité pales­ti­nienne, le CCOLP a voulu éviter un « vide consti­tu­tionnel » après le refus du Hamas d’organiser des élec­tions dans la bande de Gaza, qu’il contrôle. Les élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives, ini­tia­lement convo­quées pour le 24 janvier 2010, date à laquelle expirent les mandats du pré­sident et du Par­lement pales­ti­niens, ont été reportées. L’OLP, qui cha­peaute l’Autorité pales­ti­nienne basée en Cis­jor­danie, est reconnue dans le monde comme « l’unique repré­sentant légitime » du peuple pales­tinien. Mais elle est contestée par le Hamas qui a un temps cherché à créer une nou­velle structure pour la supplanter.

Le Hamas refuse tou­jours de signer une pro­po­sition de « récon­ci­liation nationale » inter­pa­les­ti­nienne mise au point par l’Égypte et qui prévoit de reporter le scrutin dans les Ter­ri­toires au 28 juin 2010. Le mou­vement isla­miste argue qu’aux termes de la Loi fon­da­mentale, le mandat de quatre ans de M. Abbas, élu le 9 janvier 2005, a expiré depuis janvier 2009.

En outre, le Hamas, grand vain­queur des der­nières légis­la­tives de 2006, estime que c’est le Par­lement qui occupe le sommet de la pyramide dans le système poli­tique pales­tinien. De fait, le statu quo, entériné hier par le Conseil central de l’OLP, satisfait les deux fac­tions rivales. « La décision du CCOLP laisse la porte ouverte à la récon­ci­liation avec le Hamas », a affirmé Azzam al-​​Ahmad, un chef du Fateh, en rap­pelant que son parti avait signé l’accord de « récon­ci­liation nationale », à la dif­fé­rence du Hamas. Selon un récent sondage, près des deux tiers des Pales­ti­niens accusent les frères ennemis du camp pales­tinien d’être res­pon­sables de la division.

Par ailleurs, dans une interview publiée hier par le quo­tidien israélien Haaretz, Mahmoud Abbas a estimé qu’Israéliens et Pales­ti­niens pour­raient par­venir à un accord de paix dans les six mois si le gou­ver­nement israélien se décidait à geler tota­lement la colo­ni­sation dans les ter­ri­toires occupés.