AFPS - rencontre nationale des groupes locaux - Saint-​​Denis 29-​​30 avril 2006

AFPS, dimanche 16 juillet 2006

Rapport de la commission « tramway de Jérusalem »
La commission s’est tenue le 29 avec une vingtaine de participants.

1. Nous devons bien évidemment avoir conscience des limites de la campagne.

- A l’heure où Gaza est affamé, où la colo­ni­sation et la construction du Mur se pour­suivent, cela peut sembler un point de détail que ce contrat passé par le consortium constitué par 3 sociétés israé­liennes, Alstom et la Connex (filiale transport du groupe VEOLIA - ex-​​Vivendi Envi­ron­nement, ex-​​Compagnie Générale des Eaux. Le groupe a décidé de rem­placer pro­gres­si­vement la marque Connex par Veolia Transport).
- Avant la décision de sus­pension de l’aide écono­mique, on pouvait d’une cer­taine façon dénoncer une contra­diction entre cette aide main­tenue et le soutien au projet de tram. Aujourd’hui la sus­pension inter­vient, et la lutte contre cette décision inique apparaît comme la pre­mière urgence.

- L’appel d’offre a été lancé en 2000, les entre­prises retenues en 2002, le contrat a été signé en juillet 2005 ; le démarrage de la cam­pagne est incon­tes­ta­blement un peu tardif.

2. Non seulement la cam­pagne ne peut être le message dominant de la soli­darité avec le peuple pales­tinien, mais nous devons pro­ba­blement en infléchir le contenu.

L’argument « tramway de l’apartheid » n’est pas prin­cipal. D’une part il nous fait entrer dans des arguties sur ce que serait effec­ti­vement la gestion du tram - réalité des sta­tions à Jéru­salem Est et des condi­tions d’usage pour les pales­ti­niens… D’autre part il peut nous être opposé que cet usage peut changer au gré d’événements ulté­rieurs, qu’il serait donc « tech­ni­quement neutre » (des­truc­tions de maisons mise à part…).

3. La cam­pagne tramway est cependant indis­pen­sable, car ce projet est une pièce stra­té­gique dans la poli­tique d’annexion de Jéru­salem Est et de colo­ni­sation de la Cisjordanie.

Le contrat passé n’est que le premier, 8 lignes sont envi­sagées. Les colonies à relier sont pour l’essentiel des loge­ments sociaux pour nou­veaux arri­vants dont l’emploi éventuel sera en Israël. Pour la mairie de Jéru­salem qui s’arroge illé­ga­lement la sou­ve­raineté sur le ter­ri­toire du tracé, il est important que cette main d’œuvre ait les moyens de rejoindre ses lieux de travail.

4. Cette cam­pagne, à la fois locale et nationale, permet à l’AFPS d’investir des champs nouveaux.

- avec l’intervention en direction d’entreprises,
- avec l’intervention au niveau des res­pon­sables poli­tiques des col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales concédant à ces entre­prises des ser­vices publics ou leur attri­buant des marchés, sur le terrain du « com­merce éthique et socia­lement res­pon­sable » et sur le terrain du droit. Elle permet de nou­velles coopé­ra­tions mili­tantes locales, souvent avec des orga­ni­sa­tions que l’AFPS connaît mieux parfois au plan national qu’au plan local :
-  Amnesty Inter­na­tional envisage d’engager 135 groupes locaux dans la cam­pagne,
-  des groupes CCFD, par exemple, dont cer­tains avec les­quels nous n’avions pas d’action commune jusqu’ici, sont mobi­lisés sur la question,
-  des sec­tions syn­di­cales des entre­prises concernées (Alstom et groupe Véolia dont la Connex est filiale) sont prêtes à s’engager, CGT, CFDT, Soli­daires en par­ti­culier (notons qu’au congrès de la CGT à Lille une salariée d’Alstom, par ailleurs secré­taire confé­dérale, est inter­venue sur le sujet).

5. C’est une cam­pagne que l’on peut gagner, même si ce sera peut-​​être pour des raisons qui ne sont pas vraiment les nôtres.

Pour dire les choses crûment, plus que sur nos diri­geants poli­tiques dont la pleu­trerie habi­tuelle et l’orientation récente ne nous ins­pirent pas beaucoup d’optimisme, on peut peut-​​être compter sur le fait qu’Alstom et Véolia en arrivent à consi­dérer qu’ils auraient plus à perdre qu’à gagner en s’accrochant à ce marché. Certes, les mul­ti­na­tio­nales fran­çaises vivent mal la punition qu’est leur exclusion des marchés de la recons­truction de l’Irak, et ce marché du tramway pouvait appa­raître comme le début d’une recon­quête. Mais les diri­geants des Etats arabes, surtout si leurs opi­nions publiques sont informées de la réalité de ce contrat et de son impor­tance stra­té­gique, peuvent être obligés d’appliquer leurs propres réso­lu­tions. Par exemple, Alstom et Véolia sont inté­ressés par cer­tains grands projets de l’Etat algérien.

6. La com­mission a pu faire le point d’une cam­pagne qui n’en est donc qu’à ses débuts.

Tracts dif­fusés, cartes pos­tales (10 000 planches éditées et réparties, plus de 6300 par les groupes AFPS), auto­col­lants (rupture de stock), cam­pagnes locales (tracts Ile-​​de-​​France dans les mani­fes­ta­tions anti-​​CPE, Nancy, Bor­deaux, Caen (rallye vélo),… ). PLP en juin publiera des contri­bu­tions de la CGT Alstom et d’Amnesty International.

7. Le national suit plusieurs pistes

- inter­ro­gation vis-​​à-​​vis de par­te­naires israé­liens sur la pos­si­bilité de faire avancer le dossier juri­dique en Israël (notamment ICAD),
- consti­tution d’un dossier juri­dique ici (pos­si­bilité éven­tuelle de saisir les jus­tices fran­çaise et euro­péenne)
- pré­pa­ration d’une confé­rence de presse à Paris en direction tout par­ti­cu­liè­rement de la presse arabe ; la CGT et Hind Khoury ont donné leur accord de principe pour y par­ti­ciper dans les pro­chaines semaines. Tous ceux qui connaissent des jour­na­listes ayant la pos­si­bilité comme cor­res­pon­dants et/​ou pigistes de faire passer des infos dans la presse arabe et par­ti­cu­liè­rement ara­bo­phone sont priés d’envoyer leur coor­données au secré­tariat national, afin qu’ils soient invités et informés. L’objectif est donc de mettre la pression sur les deux sociétés en s’appuyant aussi sur le point 8 de la réso­lution de la Ligue Arabe votée en mars 2006 à Khartoum : « Condamne le projet de tramway qui relie Jéru­salem Ouest aux régions de Cis­jor­danie occupée en passant par Jéru­salem Est. Confirme l’illégitimité de cet acte et invite les deux sociétés fran­çaises à se retirer immé­dia­tement si elles ne veulent pas que des démarches soient entre­prises contre elles. Invite le gou­ver­nement français ami à adopter une position sur ce pro­blème en har­monie avec ses res­pon­sa­bi­lités et le droit international. »

8. Au niveau local, la com­mission propose que tous les groupes essaient de se saisir de cette campagne.

Elle propose que chaque groupe désigne un militant chargé de suivre par­ti­cu­liè­rement ce dossier et qu’il trans­mette ses coor­données pour constituer une liste de dif­fusion internet spé­ci­fique. Elle demande à tous les groupes d’envoyer régu­liè­rement les infor­ma­tions à cette liste ainsi qu’à Palestine Soli­darité (le pro­chain comité de rédaction se réunit le 20 mai).

9. L’idée a été retenue de décider d’une journée comme « point fort » de cette pre­mière phase de la campagne.

Le 11 mai, jour de l’AG de Véolia, parait trop proche (mais les comités d’Ile de France se voient pro­poser de faire un ras­sem­blement à son entrée). L’hypothèse de choisir la date de l’AG d’Alstom, fin juin, semble tout à fait envi­sa­geable. Outre le ras­sem­blement devant la salle de l’AG, chaque comité local pourrait prendre l’initiative d’un ras­sem­blement devant une des entre­prises ou devant une pré­fecture (avec dépôt de péti­tions, de motions,…).

Compte-​​rendu rédigé par le rapporteur, André Rosevègue (Bordeaux).