Avant les J.O, préparation à l’étroit pour Mary, nageuse palestinienne

Nicolas Ropert, France Info, mardi 26 juillet 2016

Alors que la délégation palestinienne envoie six sportifs aux Jo de Rio, le manque d’infrastructure dans la région complique la préparation de sportifs comme Mary Al-Atrash, nageuse de 22 ans qui n’a qu’un bassin de 25m pour s’entraîner. Reportage.

Les JO débutent dans 10 jours à Rio au Brésil. Les plus grands athlètes du monde entier se disputeront les médailles. Mais le comité international olympique fait beaucoup pour que les "petites" nations participent à la fête. Cette année, la délégation palestinienne envoie six sportifs à Rio, un record pour cette nation qui participe à ses sixièmes Jeux. Quatre d’entre eux ont reçu une invitation, c’est le cas Mary Al-Atrash, une palestinienne de 22 ans qui s’élancera pour le 50m nage libre. Nicolas Ropert, correspondant dans les territoires palestiniens pour France info, a rencontré la jeune nageuse là où elle s’entraîne à côté de Bethléem.

Combinaison, bonnet de bain et lunettes de natation, Mary Al-Atrash enchaîne les longueurs dans le centre sportif de Beit Sahour dans le centre de la Cisjordanie. A 22 ans, la nageuse palestinienne s’entraîne pour le plus grand rendez-vous de sa carrière : les Jeux Olympiques de Rio. "J’ai reçu une invitation pour participer aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro juste après une compétition à laquelle j’ai participé à Dubai, il y a deux mois, raconte la nageuse. J’avais fait un bon temps mais suffisamment pour être qualifiée directement parce que nous, les palestiniens, nous n’avons pas les mêmes chances par rapport aux autres pays. Notamment au niveau des infrastructures."

La moitié de la taille d’une piscine olympique

Pour s’en rendre compte, il suffit de se pencher sur le bassin dans lequel s’entraîne la nageuse. Il ne fait que 25 mètres, soit la moitié de la longueur olympique. Il n’existe pas en Cisjordanie ou à Gaza de piscine de 50 mètres. Une difficulté évidente pour Moussa Nawawre, son entraîneur : "La situation n’est pas facile en Palestine. Il y a toujours des tensions. Concernant la piscine, c’est évidemment un handicap de ne pas avoir de bassin à taille olympique. Nous n’avons quasiment pas d’infrastructures. Ici on se débrouille avec l’association qui gère la piscine. Mais on aimerait que ça change. On espère que ça sera le cas."

Invités grâce à la solidarité olympique

Des difficultés que reconnaît volontiers Ghayda Abu Zayyad. Membre du comité olympique palestinien, en charge de Rio, elle se félicite au moins du système d’invitations. "C’est vrai que nos installations sont très limitées, reconnait Ghayda Abu Zayyad. Ce n’est pas comme ailleurs. On manque d’équipements, d’enceintes sportives. Mais on a de bonnes relations avec les fédérations internationales et le CIO. Donc on reçoit ces invitations grâce à cette solidarité olympique. Ensuite, nous sélectionnons les athlètes qui participent à des compétitions internationales et selon leur classement, nous prenons les meilleurs que nous ayons."

Une pression que la jeune palestinienne préfère évacuer. Elle se dit surtout heureuse de défendre les couleurs de la Palestine devant les télés du monde entier : "C’est une grande joie pour moi et une immense fierté de représenter mon pays, la Palestine, à Rio. Les Jeux olympiques sont le plus grand rendez-vous au monde. C’est un rêve pour n’importe quel athlète, d’autant plus quand on est palestinien." Mary al-Astrash espère ramener la première médaille olympique pour la Palestine. Il faudra pour cela battre des nageuses qui s’entraînent dans de bien meilleures conditions qu’elle.