A toucher Jérusalem, extension d’une colonie juive.

T. Hocine, mercredi 10 octobre 2007

C’est cer­tai­nement la plus belle mani­fes­tation du bel­li­cisme israélien et du refus de la paix avec les Pales­ti­niens. Cette preuve a été donnée hier par Israël qui a ordonné la confis­cation de 110 ha de terres près d’El Qods, faisant craindre aux Pales­ti­niens une relance d’un projet destiné à relier la colonie de Maalé Adoumim à la ville sainte, ont indiqué, mardi, des sources palestiniennes.

La situation rede­vient claire après un flou qui n’a duré que 24h, lors d’une décla­ration d’un ministre israélien laissant entendre qu’Israël ne serait pas contre le fait qu’El Qods devienne la capitale d’un Etat pales­tinien. Ce qui n’a pas manqué d’être inter­prété au moins comme un signe de détente à l’approche d’une confé­rence inter­na­tionale pré­co­nisée par le pré­sident amé­ricain George Bush.

Les Pales­ti­niens avaient donc toutes les raisons de dire leur scep­ti­cisme et surtout de reven­diquer des actions concrètes pour mettre fin à la poli­tique israé­lienne. Les ordres de confis­cation, émis fin sep­tembre, portent sur 110 ha répartis sur les loca­lités pales­ti­niennes d’Abou Dis, Al-​​Sawahreh Al-​​Sharqiyeh, Nabi Moussa et Al-​​Khan Al-​​Ahmar, a indiqué Hassan Abed Rabbo, directeur général pour la région d’El Qods au ministère pales­tinien des Col­lec­ti­vités locales. Selon lui, ces confis­ca­tions visent à « créer un bloc de colonies » regroupant Maalé Adoumim et les implan­ta­tions proches de Mishor Adoumim et de Kedar « et empêcher toute conti­nuité ter­ri­to­riale pales­ti­nienne avec la vallée du Jourdain ». « Ils usurpent des dizaines d’hectares de terres de la Cis­jor­danie au profit de leur projet de colo­ni­sation dit du Grand Jéru­salem qui com­prend Maalé Adoumim », a-​​t-​​il ajouté.

Dans les ordres remis aux pro­prié­taires des terres, l’armée israé­lienne invoque pour jus­tifier ces confis­ca­tions « des fins mili­taires » et « des mesures des­tinées à empêcher des actes ter­ro­ristes ». Selon le journal israélien Haaretz, les terres confis­quées devraient servir à la construction d’une nou­velle route reliant El Qods à Ariha (Jéricho). « Tout cela, au profit d’un projet juif de longue date consistant à construire 3 500 loge­ments et un parc indus­triel », affirme le journal.

Israël s’était engagé en 2005 auprès des Etats-​​Unis de geler ce vaste projet. Les Pales­ti­niens avaient vivement dénoncé ce projet, parce qu’il coupe pra­ti­quement en deux la Cis­jor­danie, com­pli­quant la création d’un Etat pales­tinien indé­pendant. Et c’est jus­tement ce qui est visé, à travers aussi le fameux mur de sépa­ration que les Pales­ti­niens estiment être une fron­tière de fait. A quoi donc servira la confé­rence convoquée pour cet automne, s’il n’y a plus rien à négocier ?