A propos de la visite de Nicolas Sarkozy au Proche-​​Orient

AFPS, lundi 5 janvier 2009

Alors que les bombes israé­liennes pleuvent sur la popu­lation pales­ti­nienne piégée et sans pos­si­bilité de refuge dans la bande Gaza où les troupes israé­liennes ont entamé samedi leur offensive ter­restre dévas­ta­trice et meur­trière, le pré­sident de la Répu­blique, Nicolas Sarkozy, a entamé ce lundi une tournée de deux jours en Egypte, Cis­jor­danie – mais pas dans la bande de Gaza - et Israël. Selon les termes offi­ciels de sa visite, il s’agit de chercher « les chemins de la paix ».

Alors que Paris a condamné l’offensive ter­restre israé­lienne, la qua­li­fiant d’« escalade mili­taire dan­ge­reuse » qui « com­plique les efforts engagés par la com­mu­nauté inter­na­tionale », l’Association France Palestine Soli­darité demande à la France de passer des paroles aux actes, en prenant toutes les mesures néces­saires pour faire cesser la guerre israé­lienne contre le peuple pales­tinien, l’offensive ter­restre, les bom­bar­de­ments, et le siège insup­por­table imposé depuis des mois à toute la population.

Contrai­rement à ce qu’avance le ministre des Affaires étran­gères Bernard Kouchner, ce n’est pas « parce qu’il y a eu des roquettes pleuvant sur Israël (…) que le statu quo n’était plus pos­sible ». Chacun sait qu’Israël n’a jamais res­pecté la trêve : tout en pour­suivant l’occupation, les diri­geants israé­liens ont refusé de res­pecter leurs enga­ge­ments durant les six mois écoulés, notamment en dur­cissant le siège au lieu de le lever et en mul­ti­pliant les raids, les incur­sions et les assas­sinats dans la bande de Gaza pour pro­voquer le pire. La stra­tégie des diri­geants israé­liens en pleine cam­pagne élec­torale et alors que toute leur poli­tique, à com­mencer par l’explosion de la colo­ni­sation en Cis­jor­danie, a eu pour prin­cipal objectif de ruiner toute pers­pective de négo­ciation et de paix, est une stra­tégie meur­trière, mais aussi suicidaire.

Il faut mettre un terme de toute urgence aux bom­bar­de­ments israé­liens de la bande de Gaza, au pilonnage par les blindés, à la guerre imposée à toute la popu­lation pales­ti­nienne de ce petit ter­ri­toire. En mettant tota­lement fin au siège et à l’embargo que subit depuis trop long­temps la popu­lation gazaouie, une trêve durable est pos­sible qui est conforme à l’intérêt des deux peuples. Des sanc­tions contre Israël sont néces­saires pour faire enfin entendre cette voix de la raison à ses diri­geants qui refusent toute idée de cessez-​​le-​​feu. Il y a urgence.

Quant au « chemin de la paix », il est connu : c’est le droit inter­na­tional. Il est temps, enfin, de l’imposer.

Paris, le 5 janvier 2009.