A Jéricho, Israël a violé les accords et conventions qu’il a signés.

Addameer, B’Tselem, PHR et Imemc, vendredi 17 mars 2006

L’enlèvement des mili­tants du Fplp comme le trai­tement dégradant des détenus pales­ti­niens pendant l’attaque israé­lienne, sont de nou­velles vio­la­tions du droit et des conven­tions internationales.

Un avocat de Addameer, Ong pales­ti­nienne de soutien aux pri­son­niers pales­ti­niens, a pu ren­contrer les mili­tants du FPLP kid­nappés par les forces d’occupation israé­liennes dans le centre de détention et d’interrogatoire de la Mos­cobyié à Jérusalem.

Ahmad Sa’adat, dans une lettre qu’il lui a remise, accuse les Etats unis et la Grande Bre­tagne de com­plicité avec le gou­ver­nement israélien, et de prendre ainsi direc­tement part au conflit.

Sahar Fransis, avocat de Addameer a condamné l’enlèvement de Sa’adat et de ses cama­rades et l’a dénoncé comme une vio­lation de leurs droits humains et de tous les accords inter­na­tionaux signés (par Israël). L’avocat Mahmoud Has’san annonce que Addameer a déposé un recours auprès de la Haute Cour israé­lienne afin de pouvoir ren­contrer les autres prisonniers.

Aziz Dwaik, Pré­sident du Par­lement pales­tinien, a rappelé que Sa’adat est un membre du Conseil légis­latif pales­tinien, élu en janvier, et protégé par son immunité parlementaire [1]. Il a condamné l’attaque mili­taire lâche qui s’est déroulée en vio­lation des accords et appelle à la libé­ration immé­diate du diri­geant pales­tinien et de ses cama­rades, dénonçant de plus l’humiliation que les forces d’occupation ont infligée aux détenus palestiniens.

B’Tselem, le Centre d’information israélien pour la défense des droits humains dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, et PHR (Phy­si­cians for Human Rights, les Médecins pour les Droits Humains en Israël) ont écrit jeudi 16 mars au juge avocat général de l’armée israé­lienne et demandé une enquête poli­cière sur la vio­lation de la dignité des détenus lors de l’opération mili­taire israé­lienne à Jéricho. Pendant cette opé­ration les soldats israé­liens ont forcé les Pales­ti­niens arrêtés à se dévêtir et les ont fait sortir vêtus de leurs seuls sous-​​vêtements.

Des images des détenus quasi nus ont été publiées dans les médias sur Internet et lar­gement publiées dans la presse israé­lienne et dans le monde entier. Dans des témoi­gnages recueillis par B’Tselem, les détenus insistent sur l’humiliation qu’ils ont res­sentie à la suite de la publi­cation dans les médias de ces images où ils appa­rais­saient dévêtus.

Dans leur lettre au JAG, le Bri­gadier Général Avihai Man­delblit, les deux orga­ni­sa­tions ont déclaré que l’article 27 de la 4ème Convention de Genève stipule que les détenus doivent être traités avec respect et que les forces qui les détiennent sont obligées de les pro­téger de la « curiosité publique », entre autres choses.

Même si les consi­dé­ra­tions de sécurité allé­guées pour faire se dévêtir les détenus étaient légi­times, ces jus­ti­fi­ca­tions ne jus­ti­fient en rien qu’on les expose aux médias.

Il était du devoir de l’armée de prendre des mesures pré­ven­tives pour cacher les détenus aux caméras. Puisque aucune mesure de cet ordre n’a été prise-​​ sans jus­ti­fi­cation sécu­ri­taire et alors qu’il était pos­sible de le faire-​​ Israël a violé ses obli­ga­tions au terme de l’Article 27 de la 4ème Convention de Genève.

[1] les autorité israé­liennes ont déjà prouvé leur mépris de ce droit dans l’enlèvement de Marwan Bar­ghouti à Ramallah en avril 2002 et celui de Husssam Khader à Naplouse en avril 2003. Tous deux sont députés, démo­cra­ti­quement élus, comme Sa’adat cette annnée, et sont détenus en Israël, ce qui est une autre vio­lation du droit.