A Gaza, l’offensive terrestre israélienne serait imminente

Le Monde et dépêches, vendredi 2 janvier 2009

"Nous nous rap­pro­chons de l’heure de la décision" sur une éven­tuelle offensive ter­restre, a indiqué jeudi 1er janvier à la télé­vision le pré­sident de la com­mission des affaires étran­gères et de la défense du Par­lement israélien, Tzahi Hanegbi. Cette offensive serait immi­nente et les pré­pa­ratifs bien avancés : selon une source auto­risée pales­ti­nienne, Israël va laisser sortir ven­dredi environ 400 étrangers vivant dans la bande de Gaza.

Des res­pon­sables israé­liens ont refusé de com­menter cette décision. "Nous ne voulons pas d’une guerre longue et nous ne sou­haitons pas élargir le front", avait déclaré aupa­ravant Ehoud Olmert lors d’une tournée à Beer­sheva, ville du sud visée ces der­niers jours par plu­sieurs roquettes tirées de la bande de Gaza, dis­tante de 40 km.

Ven­dredi 2 janvier, Israël pour­suivait, pour le 7e jour consé­cutif, ses bom­bar­de­ments aériens de la bande de Gaza, Des témoins à Gaza ont affirmé que les bom­bar­de­ments de la nuit de jeudi à ven­dredi avaient fait plu­sieurs blessés, mais aucun mort n’a été signalé. Un diri­geant de premier plan du Hamas a péri jeudi dans un raid israélien. Nizar Rayan, plus haut res­pon­sable décédé dans l’offensive, a été tué avec ses quatre épouses, dix de ses 12 enfants et deux voisins dans un raid sur l’immeuble de cinq étages où il vivait, dans le camp de réfugiés de Jabaliya (nord de la bande de Gaza). Ténor de l’aile la plus radicale du mou­vement isla­miste, connu pour ses talents d’orateur, il s’illustrait par ses décla­ra­tions au vitriol contre Israël mais aussi contre l’Autorité pales­ti­nienne du pré­sident Mahmoud Abbas, délogée de Gaza par le Hamas en juin 2007.

"Journée de colère"

Selon les ser­vices d’urgences de la bande de Gaza, 420 Pales­ti­niens ont été tués et 2 180 blessés, depuis le 27 décembre, début de l’opération "Plomb durci", visant à stopper les tirs de roquettes sur Israël. Au moins un quart des vic­times sont des civils, dont des femmes et des enfants, selon l’ONU.

Le Hamas a appelé les Pales­ti­niens de Cis­jor­danie et Jérusalem-​​est à une "journée de colère" ven­dredi, par des mani­fes­ta­tions partant de l’esplanade des Mos­quées à Jéru­salem et de "toutes les mos­quées en Cis­jor­danie". La police israé­lienne a en consé­quence mobilisé des mil­liers d’élements et limité l’accès de l’esplanade des Mos­quées aux hommes âgés de plus de 50 ans et munis d’une carte d’identité israé­lienne, aucune res­triction n’étant imposée aux femmes. L’armée israé­lienne a annoncé le bou­clage total de la Cis­jor­danie pendant 24 heures à partir de minuit. A l’appel du Hamas, les Pales­ti­niens doivent aussi mani­fester dans la bande de Gaza.

De Paris, où elle s’est entre­tenue avec le pré­sident français Nicolas Sarkozy, la ministre israé­lienne des Affaires étran­gères Tzipi Livni a elle réaf­firmé qu’Israël déci­derait "le moment venu" d’arrêter ses opé­ra­tions. M. Sarkozy doit entamer lundi une tournée au Proche-​​Orient pour "chercher les chemins de la paix". Il se rendra en Egypte, en Cis­jor­danie et en Israël, puis mardi en Syrie et au Liban, a annoncé l’Elysée.