51 prisonnières palestiniennes sont détenues dans des conditions dramatiques

Ma’an News, lundi 20 février 2017

Le centre d’études pour les prisonniers de Palestine a déclaré mercredi que 51 prisonnières palestiniennes détenues dans les prisons israéliennes vivent dans des conditions dramatiques.

Riyad Al-Ashqar, chercheur et porte parole du centre a indiqué que les autorités de l’occupation maintiennent les prisonnières palestiniennes dans l’isolement total, dans les prisons de "Hasharon et Damoun" où elles sont soumises à toutes les formes d’abus et de tortures, en précisant que les juges de l’occupation ont récemment prononcé à leur encontre plusieurs condamnations à la prison ferme.

Il précise que 9 prisonnières sont détenues dans deux cellules dans la prison de Damoun, 45 autres sont détenues dans la prison de Hasharon et que plus de la moitié d’entre elles ont été condamnées au cours des deux derniers mois pa les tribunaux militaires à des peines allant de 1 à 17 ans de prison.

La prisonnière Shouruq Ibrahim Dwayyat, 19 ans, de Jérusalem, détenue depuis le 7/10/2015, a été condamnée à 17 ans de prison ; Shatila Souleiman Abu-Ayadeh, 22 ans, de la ville de Kafr Kassem, a été condamnée à 16 ans de prison ferme, sur des accusations d’attaque au couteau ; ainsi que la prisonnière Maysoun Moussa, de Bethléem, détenue depuis juin 2015, et qui a été condamnée à 15 ans pour les mêmes raisons.

Al-Ashkar rappelle qu’au cours de l’interrogatoire, les agents de renseignement déploient toutes les techniques d’interrogatoire psychologiques et physiques tels que les passages à tabac, la privation de sommeil, l’intimidation et le "shabah" qui consiste à suspendre la prévenue pieds et mains liés pendant de longues heures dans une position inconfortable, sans aucun égard à leur spécificité en tant que femme. Mais leurs souffrances ne s’arrêtent pas là, au contraire elles continuent pendant et après leur transfert dans les prisons où les services pénitentiaires s’y emploient pour les humilier et les accabler.

Et la pire des souffrances ressentie par les prisonnières est le transfert vers les tribunaux à bord de véhicules appelés "Al-Bostah", une opération qualifiée de désastre, de punition et de torture délibérée, que l’occupation renouvelle délibérément au gré des comparutions fréquentes devant les tribunaux, mais le comble de la souffrance c’est en hiver très tôt le matin où la température est basse et le plus souvent les gardiens interdisent aux détenues de prendre des couvertures ou des vêtements chauds, ce qui multiplie leurs souffrances.

Parmi les prisonnières se trouvent 13 jeunes filles mineures. 7 d’entre elles ont été blessées par balles lors de leur arrestation et malgré les premiers soins elles souffrent et se plaignent encore de douleurs insupportables et de complications mais aucun soin ni traitement adéquat ne leur a été fourni.

Istebriq Ahmed Nour, 15 ans, de Naplouse est considérée comme la plus jeune prisonnière palestinienne. Elle a été arrêtée par des soldats israéliens le 21/10/2015 après lui avoir tiré dessus à bout portant à la main et à la jambe alors qu’elle rentrait de l’école, parce qu’elle avait "l’intention" de commettre une attaque au couteau.

Le centre d’études pour les prisonniers de Palestine a appelé les institutions internationales pour les droits des femmes à intervenir pour soutenir et défendre les droits des femmes palestiniennes et appliquer les dispositions des accords que les autorités d’occupation violent au quotidien.

Traduction : Moncef Chahed

Groupe de Travail Prisonniers