30e anniversaire de l’assassinat d’HENRI CURIEL - Rassemblement

Dimanche 04 Mai 2008 à 15h00 au 4, rue Rollin – Paris 5ème Métro Monge ou Car­dinal Lemoine
"Gilles Perrault et Sylvie Braibant parleront de leur enquête sur l’affaire."

Amis d’Henri Curiel,…, dimanche 4 mai 2008

A l’appel de :

Les Amis d’Henri Curiel, L’association « Au nom de la Mémoire pour l’Algérie », Centre d’études et d’initiatives de soli­darité inter­na­tionale (CEDETIM), Asso­ciation France Palestine Soli­darité (AFPS), Ins­titut Mehdi Ben Barka – Mémoire Vivante, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Mémoire Vérité Justice sur les assas­sinats poli­tiques en France (MVJ),-

Le 4 mai 2008 mar­quera le tren­tième anni­ver­saire de l’assassinat d’Henri Curiel, militant de la cause de la libé­ration des peuples dans le monde, assassiné à Paris par des tueurs pro­fes­sionnels que l’enquête poli­cière et l’instruction judi­ciaire ont échoué à identifier.


Né le 13 sep­tembre 1914 en Egypte. Le pays – une monarchie cor­rompue avec une popu­lation pay­sanne pres­surée par des pro­prié­taires fon­ciers – est mili­tai­rement occupé par les troupes bri­tan­niques. En 1943, Henri Curiel crée une orga­ni­sation com­mu­niste qui, en 1947, consti­tuera avec les prin­ci­pales orga­ni­sa­tions de l’époque, le Mou­vement démo­cra­tique de libé­ration nationale MDLN. Le parti com­mu­niste sou­danais en est également issu. Dès le premier conflit israélo-​​arabe, Henri Curiel prend des posi­tions qui le conduiront avec ses cama­rades en prison et, plus tard, à devenir l’un des pion­niers du néces­saire dia­logue entre Pales­ti­niens et Israé­liens. Il est expulsé par le roi Farouk en 1950 et perd sa natio­nalité égyptienne.

A Paris où il vit dans la clan­des­tinité, il continue de militer en direction de l’Egypte et du Soudan avec un groupe d’exilés. En 1957, il s’engage dans le soutien en France au FLN, en col­la­bo­ration avec le "réseau Jeanson" puis, après les arres­ta­tions de celui-​​ci, il en prendra la relève à la demande de la Fédé­ration de France en créant ce qui sera connu sous le nom de "réseau Curiel". En octobre 1960, il est arrêté et détenu à la prison de Fresnes.

Libéré à la fin de la guerre, il reçoit le statut d’apatride. Il crée alors avec d’autres l’organisation qui s’appellera plus tard Soli­darité et qui regroupera des mili­tants d’horizons divers : com­mu­nistes, prêtres ouvriers, des pas­teurs, des syn­di­ca­listes et des per­son­na­lités de gauche d’horizons divers. Il s’agit de faire béné­ficier les mou­ve­ments de libé­ration nationale et les réseaux anti­fas­cistes (dans l’Espagne de Franco, le Por­tugal de Salazar et de Caetano, et dans la Grèce des colonels) de l’expérience acquise dans le soutien aux com­bat­tants algé­riens. Pendant quinze ans, dans le respect absolu des choix des orga­ni­sa­tions concernées, une aide efficace fut ainsi apportée à des mou­ve­ments aussi divers que l’ANC de Mandela et la résis­tance chi­lienne à Pinochet. Ce soutien était pro­digué dans un esprit de soli­darité inter­na­tionale pour la libé­ration des peuples opprimés.

A partir du début des années 70, Soli­darité aide à la for­mation d’un groupe de Blancs afri­kaans pour aider l’ANC sur place. Paral­lè­lement il poursuit une action d’établissement de contacts entre Israé­liens et Pales­ti­niens dans le but de créer les condi­tions de la création d’un Etat pales­tinien dans les fron­tières d’avant la guerre de 1967. .

En juin 1976, une cam­pagne de dif­fa­mation de son action est lancée par le jour­na­liste Georges Suffert dans Le Point. Deux ans plus tard, il est assassiné.

Cette action mili­tante constante et dés­in­té­ressée valut à Henri Curiel l’exil, la prison et la mort.

Nous appelons à marquer le tren­tième anni­ver­saire de son assas­sinat par un ras­sem­blement. Il s’agira d’abord de stig­ma­tiser le scandale d’un crime poli­tique resté au bout de trente ans impuni, et de marquer notre volonté à réaf­firmer l’exigence que soit enfin tenue la pro­messe faite naguère de donner à la justice (et à l’histoire) l’accès néces­saire aux archives des ser­vices secrets français.