2010 nous verra battre l’occupation

Ali Waked, vendredi 29 janvier 2010

Les orga­ni­sa­teurs des mani­fes­ta­tions de Ni’lin, Bil’in et Nabi Saleh, pré­viennent que les affron­te­ments récents en Cis­jor­danie nous rap­prochent d’une Intifada.

Les récents affron­te­ments à Nabi Saleh, village voisin de Ramallah, le dernier à ajouter à une liste de lieux de confron­ta­tions entre Pales­ti­niens et FDI (forces de défense israé­liennes) en Cis­jor­danie, viennent ren­forcer la position de ceux qui se battent contre la bar­rière de séparation.

Mardi, on a vu le tri­bunal mili­taire d’Ofra juger les 14 mani­fes­tants arrêtés lors du dernier affron­tement – dont un ado de 14 ans, deux femmes et un membre du comité du village de Ni’lin.

Le village de Ni’lin, lui aussi proche de Ramallah, est le théâtre d’affrontements heb­do­ma­daires entre les forces mili­taires et les habi­tants du secteur avec les mili­tants de gauche qui les soutiennent.

Tous les détenus ont été libérés sur caution per­son­nelle. Un autre groupe de détenus doit com­pa­raître jeudi.

Mais si les confron­ta­tions à Nil’in et à Bil’in, vil­lages de Cis­jor­danie, portent sur le tracé de la bar­rière érigée, les émeutes à Nabi Saleh sont de nature dif­fé­rente, et ceux qui orga­nisent les pro­tes­ta­tions affirment que leurs actions ont eu comme résultat que les forces de sécurité craignent vraiment désormais que des mani­fes­ta­tions vio­lentes sur­gissent en d’autres lieux de Cisjordanie.

La lutte, dit Mumammad Khatib – qui est considéré par beaucoup comme le premier diri­geant de la pro­tes­tation – « a fait ses preuves à Bil’in et à Ni’lin et est devenue un modèle qui va bien au-​​delà des limites de la Cis­jor­danie. Ils sont des mil­liers à venir (dans ces vil­lages) par­ti­ciper à nos manifestations. »

Khatib, membre éminent du conseil, ajoute qu’une grande part de leur travail « est des­tinée à retourner la pression inter­na­tionale contre Israël. Nos mili­tants se battent contre la pro­pa­gande israé­lienne avec les photos des leurs qui furent frappés et blessés au cours de leurs arres­ta­tions lors des manifestations. »

Khatib pense que « la lutte va bientôt s’étendre plus loin, en partie à cause de la frus­tration née de l’impasse poli­tique, mais surtout en raison du har­cè­lement des colons, et parce que les FDI ne font rien pour les arrêter. »

Se féli­citant de l’impact que les émeutes semblent avoir, Khatib a déclaré à Ynet qu’il croit que son peuple sera en mesure de mettre en mou­vement toute la région d’ici la fin de l’année. « Nous sommes à la veille d’une Intifada, » prévient-​​il. « La résis­tance s’étend, comme ce fut le cas pour l’Intifada (de 1987), mais la pro­chaine sera beaucoup plus créative.

« Nous sommes enthou­siastes car 2010 nous verra battre l’occupation. Nous le voyons dans le fait que les soldats israé­liens sont nerveux, parce qu’ils n’arrivent pas à nous réprimer (les manifestations). »

Khatib et le comité contre la bar­rière de sépa­ration, avec l’aide de cer­taines orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales, tentent aussi de pro­mouvoir diverses inter­dic­tions dans le monde à l’encontre d’Israël. « Des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales qui nous sou­tiennent aident à financer les frais juri­diques pour les détenus. C’est un outil important pour la lutte contre l’occupation, » dit-​​il.

Israël, continue-​​t-​​il, a durci sa poli­tique contre les émeu­tiers arrêtés en Cis­jor­danie, et les troupes israé­liennes se sont faites plus vio­lentes. « Il ne se passe pas une nuit sans incur­sions et arres­ta­tions » affirme-​​t-​​il, indi­quant que 34 per­sonnes avaient été arrêtées depuis le mois de juin et que, depuis décembre, les FDI avaient effectué 16 raids noc­turnes rien que sur Ni’lin.

Un militant de la gauche israé­lienne, Yonatan Pollack, l’un des diri­geants de la lutte, qui fut blessé à la mani­fes­tation de Nabi Saleh, ajoute qu’Israël a inten­sifié ses efforts pour mettre fin à leur lutte par des moyens juridiques.

« Les accu­sa­tions contre les mili­tants aussi nous rap­pellent ce qui s’est passé durant la Pre­mière Intifada, » dit-​​il.

« Ils ne sont plus accusés d’être des ter­ro­ristes, mais des agi­ta­teurs – ni d’être membres d’organisations illé­gales, mais d’organiser des ras­sem­ble­ments illégaux. »