2005-​​2007 : Gaza, comment le piège s’est refermé.

samedi 30 juin 2007

Chronologie /

2005

12 sep­tembre. Retrait des der­niers soldats israé­liens de la bande de Gaza.

2006

25 janvier. Le Hamas obtient la majorité des sièges au Conseil légis­latif lors des élec­tions. 1er février. Début d’une tournée de diri­geants du Hamas dans dif­fé­rents pays arabes, pour récolter des fonds afin de payer les fonc­tion­naires. 4 février. Pre­mière ren­contre entre Mahmoud Abbas et des diri­geants du Hamas à la suite d’accrochages entre des unités du Hamas et du Fatah dans la bande de Gaza.

18 février. Ismail Haniyeh (Hamas) est investi comme premier ministre.

19 février. Israël décide d’appliquer des sanc­tions écono­miques à l’encontre de l’Autorité palestinienne.

26 février. Le gou­ver­nement israélien annonce qu’il ne négo­ciera pas avec le Hamas tant que celui-​​ci n’aura pas renoncé à la lutte armée, reconnu Israël et accepté les accords d’Oslo.

31 mars. Washington annonce le boycott du gouvernement palestinien.

6 avril. Mahmoud Abbas nomme Mohammad Dahlan - ancien chef de la Sécurité pré­ventive (contre-​​terrorisme) et homme fort du Fatah à Gaza - conseiller pour la sécurité auprès de la présidence.

7 avril. L’Union euro­péenne et Washington annoncent la sus­pension de l’aide directe au gou­ver­nement pales­tinien. 17 avril. Un attentat suicide à Tel Aviv cause la mort de 11 per­sonnes. Il est reven­diqué par le Jihad Islamique.

20 avril. Le gou­ver­nement crée une force d’intervention spé­ciale, bap­tisée « Force exé­cutive », com­posée de 5 000 hommes et contrôlée par le Hamas. Son déploiement dans la bande de Gaza, quelques jours plus tard, pro­voque des accro­chages avec les ser­vices de sécurité et de police de l’Autorité pales­ti­nienne, eux-​​mêmes dominés par le Fatah.

25 mai. Ouverture du dia­logue national qui réunit des repré­sen­tants du Fatah et du Hamas.

14 juin. Accord entre le Hamas et le premier ministre pales­tinien, Ismaïl Haniyeh, pour intégrer la Force exé­cutive dans la police. 16 juin. L’Union euro­péenne met en place un système d’aide huma­ni­taire indi­recte en faveur des Pales­ti­niens. 25 juin. Un com­mando pales­tinien attaque un poste fron­tière israélien, tue deux soldats et en enlève un troi­sième, le caporal Gilad Shalit.

27 juin. Le Hamas accepte de signer le document d’« entente nationale » recon­naissant impli­ci­tement l’existence d’Israël.

28 juin. Début d’une vaste offensive ter­restre et aérienne dans la bande de Gaza, sur­nommée « Pluies d’été ». L’armée israé­lienne arrête huit ministres, des dizaines de députés et d’autres res­pon­sables du Hamas.

25-​​31 juillet. 29 per­sonnes, dont au moins 13 mili­tants pales­ti­niens, sont tuées lors d’une incursion israe­lienne dans la bande de Gaza.

5 août. L’armée israé­lienne arrête le pré­sident du Par­lement pales­tinien, Aziz Doueik, à son domicile de Ramallah. Le vice-​​premier ministre Nasser Shaer sera arrêté à son tour le 19.

1er sep­tembre. Lors d’une réunion de dona­teurs, à Stockholm, la com­mu­nauté inter­na­tionale s’engage à verser 500 mil­lions de dollars d’aide aux Pales­ti­niens, qui subissent une grave crise finan­cière pro­voquée par la sus­pension de l’aide inter­na­tionale et le gel des droits de douane dus par Israël à l’Autorité palestinienne.

1er octobre. Début d’affrontements san­glants entre les milices du Hamas et du Fatah dans la bande de Gaza. 1er-​​8 novembre. Une offensive ter­restre et aérienne israé­lienne ainsi que des incur­sions menées paral­lè­lement en Cis­jor­danie causent la mort d’une soixan­taine de Palestiniens.

14 décembre. Le convoi du premier ministre Ismaël Haniyeh est pris pour cible par des tirs près du ter­minal de Rafah, à la fron­tière entre l’Egypte et Gaza. Le Hamas accuse le Fatah d’être res­pon­sable de cette attaque. Des affron­te­ments armés éclatent entre les par­tisans des deux mou­ve­ments. En neuf mois, les vio­lences inter­pa­les­ti­niennes ont fait 320 morts.

16 décembre. Mahmoud Abbas appelle à des élec­tions anti­cipées pour sortir de l’impasse.

2007

6 janvier. Mahmoud Abbas déclare hors-​​la-​​loi la Force exécutive.

8 février. Le Hamas et le Fatah signent à Riyad (Arabie saoudite) un accord sur la for­mation d’un gou­ver­nement d’union nationale dirigé par Ismaïl Haniyeh, censé mettre un terme aux vio­lences inter­pa­les­ti­niennes qui ont fait 90 morts depuis décembre.

12 mars. Le cor­res­pondant de BBC World, Alan Johnston, est enlevé par des hommes armés se réclamant d’un groupe inconnu jusqu’alors, l’Armée de l’Islam. Celle-​​ci réclame en échange du jour­na­liste bri­tan­nique la libé­ration d’islamistes détenus en Grande-​​Bretagne.

15 mars. Ismaïl Haniyeh pré­sente la démission de son gou­ver­nement à Mahmoud Abbas, qui l’accepte et charge le premier ministre de former un nouveau gouvernement.

17 mars. Ismaïl Haniyeh forme un gou­ver­nement d’union nationale qui est investi par le Par­lement pales­tinien. Israël refuse de le recon­naître mais la Norvège annonce qu’elle entend nor­ma­liser ses rela­tions poli­tiques et écono­miques avec celui-​​ci.

28 mars. Regain de violence entre partisans du Fatah et du Hamas.

7 avril. Premier raid israélien depuis plus de quatre mois dans la bande de Gaza.

14 avril. Le gou­ver­nement pales­tinien vote un « plan de sécurité » censé ramener l’ordre dans les ter­ri­toires et unifier les ser­vices de sécurité.

21 avril. Journée la plus san­glante depuis novembre 2006. Six Pales­ti­niens sont tués lors d’opérations israéliennes.

24 avril. La branche armée du Hamas pro­clame la fin de la trêve avec Israël, et tire des dizaines de roquettes sur son territoire.

11 mai. Affron­te­ments entre unités du Hamas et du Fatah dans la bande de Gaza, après le déploiement d’une « Force de sécurité nationale », fidèle au pré­sident Abbas, dans le cadre du plan de sécurité.

14 mai. Démission du ministre de l’intérieur, Hani al-​​Qawasmeh.

15 mai. La branche armée du Hamas, appuyée par des hommes de la Force exé­cutive, attaque des membres de la sécurité pales­ti­nienne fidèle au pré­sident Abbas, à Karni (point de passage entre la bande de Gaza et Israël). 16 Pales­ti­niens sont tués et une cin­quan­taine blessés.

17 mai. Israël riposte aux tirs de roquettes contre son ter­ri­toire par des raids contre le Hamas, faisant neuf morts.

19 mai. Cin­quième accord de cessez-​​le-​​feu entre le Hamas et le Fatah depuis le déclen­chement des affron­te­ments (50 morts depuis le 11).

21 mai. Israël menace de « déca­piter » la direction poli­tique du Hamas. Une Israé­lienne est tuée à Sdérot par une roquette palestinienne.

24 mai. Arres­tation par l’armée israé­lienne d’une tren­taine de res­pon­sables du Hamas en Cisjordanie.

26 mai : Poursuite des bombardements aériens menés par Israël.

7 juin. Pre­mière vio­lation sérieuse du cessez-​​le-​​feu : un membre des ser­vices de sécurité est tué par des par­tisans du Hamas, près de Rafah.

12 juin. Attaques au mortier contre le bureau de Mahmoud Abbas à Gaza et contre la maison du premier ministre. Assauts du Hamas contre deux QG de la Sûreté nationale. Le Fatah menace de se retirer du gou­ver­nement d’union. La pré­si­dence accuse le Hamas de pré­parer un « putsch » et met en garde contre une guerre civile.

13 juin. Le Hamas lance un ulti­matum aux ser­vices de sécurité fidèles au Fatah. Des hommes armés ouvrent le feu sur des mani­fes­tants qui défi­laient dans Gaza pour pro­tester contre les violences.

14 juin. Le QG de la Sécurité pré­ventive tombe aux mains du Hamas après plu­sieurs heures de combats acharnés à Gaza. Les isla­mistes prennent le contrôle de deux ser­vices des ren­sei­gne­ments à Gaza et s’emparent du com­plexe des ser­vices de sécurité à Rafah. Le Hamas annonce l’exécution d’un important chef mili­taire des Bri­gades des Martyrs d’al-Aqsa (issues du Fatah), Samih al-​​Madhoune.

15 juin. Les membres du Quartet pour le Proche-​​Orient (Etats-​​Unis, UE, Russie, ONU) affirment leur « plein soutien » au pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas. Celui-​​ci nomme Salam Fayyad, ex-​​ministre des finances, au poste de premier ministre du gou­ver­nement d’urgence. Le Hamas dénonce une « décision illégitime ».

17 juin. Le pré­sident pales­tinien signe un décret enté­rinant la com­po­sition du gou­ver­nement d’urgence, après la prise du pouvoir du Hamas à Gaza d’où de nom­breux de membres des ser­vices de sécurité, crai­gnant une « purge », tentent de fuir.

18 juin. Le premier ministre israélien Ehud Olmert, qui a entamé une visite de trois jours aux Etats-​​Unis, évoque la pos­si­bilité d’un accord de paix avec le nouveau gou­ver­nement pales­tinien « modéré » ins­tallé en Cis­jor­danie. De la mi-​​mai au 18 juin, les combats inter­pa­les­ti­niens ont fait 79 morts.

25 juin. Le sommet israélo-​​arabe de Charm El-​​Cheikh (Egypte), destiné à ren­forcer la position de Mahmoud Abbas en Cis­jor­danie, se solde par un échec, les Israé­liens restant très flous sur la res­ti­tution des 600 à 700 mil­lions de dollars « confisqués » à l’Autorité pales­ti­nienne, refusant de lever les 500 à 600 check­points ins­tallés en Cis­jor­danie et rejetant toute idée de négo­ciation de paix. Seule décision : l’annonce par Ehud Olmert de la libé­ration pro­chaine de 250 pri­son­niers du Fatah.