1948-​​2008 : une initiative pour la Palestine

Denis Sieffert - Politis - jeudi 10 janvier 2008, mardi 15 janvier 2008

Une ving­taine d’associations, membres de la « Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine », et d’autres, qui se sont asso­ciées à elles pour la cir­cons­tance, pré­parent un ras­sem­blement pour le 17 mai.

À l’occasion du 60e anni­ver­saire du conflit israélo-​​palestinien, c’est-à-dire à la fois de la création de l’État d’Israël et, pour les Pales­ti­niens, de la Nakba (la catas­trophe), au cours de laquelle 800 000 d’entre eux ont été expulsés, la Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine [1] a décidé de lancer une vaste cam­pagne de mobi­li­sation citoyenne en faveur de la paix au Proche-​​Orient.

C’est le thème d’une lettre adressée cette semaine par le pré­sident de la Pla­te­forme, Bernard Ravenel, à l’ensemble des ONG qui en font partie, et au-​​delà. Dans le cadre de cette cam­pagne, il annonce « une grande ini­tiative publique » ­ « Six heures pour la Palestine » ­ qui se tiendra le 17 mai au Parc des expo­si­tions de la porte de Ver­sailles. « À travers plu­sieurs débats, note Bernard Ravenel, his­to­riques, juri­diques et poli­tiques, l’engagement de chan­teurs et de musi­ciens, des inter­ven­tions de per­son­na­lités poli­tiques, de repré­sen­tants du mou­vement national pales­tinien et du mou­vement inter­na­tional de soli­darité incluant des Israé­liens », la Pla­te­forme sou­haite faire entendre la volonté des Pales­ti­niens « de dis­poser de leur État sou­verain à côté de l’État d’Israël, confor­mément aux réso­lu­tions des Nations unies ».

L’urgence de réaf­firmer les enga­ge­ments de la Pla­te­forme sur la question pales­ti­nienne répond à trois enjeux majeurs : – l’évolution de la situation dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, – l’évolution de la poli­tique étrangère de la France à l’égard du Moyen-​​Orient, avec surtout les incer­ti­tudes lourdes du pro­cessus d’Annapolis, dans lequel la France semble vouloir jouer un rôle actif, –l’état du mou­vement de soli­darité en France, qui s’inquiète des consé­quences des affron­te­ments Fatah-​​Hamas sur la per­ception par l’opinion publique des enjeux poli­tiques réels du conflit.

Pour répondre à ces défis, la Pla­te­forme entend à la fois réaf­firmer sa soli­darité avec le peuple pales­tinien, inter­peller les pou­voirs publics et les forces poli­tiques pour que s’exerce sur Israël la pression indis­pen­sable, et enfin élargir le mou­vement vers d’autres publics, en par­ti­culier vers les jeunes.

Autour de l’événement majeur du 17 mai sont prévus : – un appel d’élus et de per­son­na­lités politiques, – un appel issu du monde culturel, – une prise de position d’historiens.

L’enjeu his­to­rique apparaît par­ti­cu­liè­rement crucial avec la parution de travaux des nou­veaux his­to­riens israé­liens (Ilan Pappé, Avi Schlaïm), mais aussi d’Abraham Burg, sans oublier Michel War­shawski ni Domi­nique Vidal. Des conférences-​​débats avec les auteurs seront orga­nisées à Paris et en pro­vince à l’occasion du Salon du livre 2008, dont l’invité d’honneur sera… Israël.

Une action sym­bo­lique sera orga­nisée dans dif­fé­rentes villes de France à l’occasion de la Journée de la terre, le 30 mars. Enfin, des outils de sen­si­bi­li­sation seront à la dis­po­sition des mili­tants des asso­cia­tions de la Pla­te­forme et de ceux qui le souhaiteront.

Cette lettre du pré­sident de la Pla­te­forme rap­pelle, bien entendu, les fon­de­ments de la paix entre Pales­ti­niens et Israé­liens, qui passent néces­sai­rement par le respect du droit inter­na­tional avec, en par­ti­culier, le retrait des ter­ri­toires pales­ti­niens occupés en 1967, la recon­nais­sance du principe du droit au retour et à indem­ni­sation dont les moda­lités d’application seront négo­ciées entre les parties, etc.

L’année 2008 devrait être une année cru­ciale dans cet inter­mi­nable drame : l’État d’Israël voudra, à l’occasion des 60 ans de sa création, faire recon­naître sa pleine légi­timité, alors que celle-​​ci devrait évidemment être condi­tionnée par la réa­li­sation des droits des Pales­ti­niens, et qu’en même temps, durant le pro­cessus d’Annapolis, Israël poursuit l’occupation et la colo­ni­sation de la Palestine.

La com­plicité de fait de la France dans la pour­suite de cette poli­tique qui conduit au désastre dans tout le Moyen-​​Orient oblige le mou­vement de soli­darité à franchir un seuil qua­li­tatif pour exprimer la volonté d’une grande partie de l’opinion fran­çaise d’en finir une fois pour toutes avec l’occupation et l’impunité d’Israël. Politis s’associera à la pré­pa­ration et à la réa­li­sation du ras­sem­blement du 17 mai.

[1] Membres : Aitec, Asso­ciation France Palestine soli­darité, Asso­ciation des villes fran­çaises jumelées avec des camps de réfugiés pales­ti­niens, CCFD, Cedetim, Cemea, Cicup, Cimade, Comité Gaza Jéru­salem Médi­ter­ranée, CVPR, Enfants du monde-​​​​Droits de l’homme, Enfants réfugiés du monde, Géné­ration Palestine, Gref, Le Mou­vement de la paix, Ligue des droits de l’homme, Mrap, Palestine 33, Secours catholique-​​​​Caritas France, Terre des hommes-​​​​France, Union juive fran­çaise pour la paix.

Obser­va­teurs : Acat, Afran-​​​​Saurel, Agir ensemble pour les droits de l’homme, Amnesty Inter­na­tional, Asso­ciation pour Jéru­salem, Col­lectif judéo-​​​​arabe et citoyen pour la paix, Coor­di­nation Sud, Crid, Fon­dation France Libertés, Francas, Han­dicap Inter­na­tional, Médecins du monde, Mou­vement inter­na­tional de la récon­ci­liation, Ritimo, Sidi, TVEAC.