1947-​​ 1948-​​ 1949 : l’expulsion, la dépossession

Des dates importantes et une chronologie des hostilités en 47 et 48, vendredi 25 janvier 2008

A partir du livre de Benny MORRIS : Vic­times – His­toire revi­sitée du conflit arabo-​​sioniste, éditions Com­plexe, tra­duction fran­çaise 2003. 853 pages.
Le conflit entre Arabes et sio­nistes dure depuis plus d’un siècle. Dès l’origine ou presque, les com­men­ta­teurs et les his­to­riens des deux camps, ainsi que les obser­va­teurs étrangers, l’ont abordé avec une par­tialité absolue.
Des mil­liers d’ouvrages ont été consacrés aux divers aspects et périodes du conflit ; celui-​​ci tente de relater l’intégralité de l’histoire, en y incluant à la fois Israël, les Pales­ti­niens et les Etats arabes, des années 1880 à nos jours. J’espère que cet ouvrage contri­buera à la bonne com­pré­hension générale des évène­ments et de leurs causes. (Préface)

Cha­pitre V – La Seconde Guerre Mon­diale et la pre­mière guerre israélo-​​arabe.

L’UNSCOP

-  le 14/​02/​1947 : le cabinet bri­tan­nique choisit de se dés­in­té­resser de la Palestine et de confier le pro­blème à l’ONU

-  L’évolution poli­tique de 1947 se déroula sur fond de vio­lences juives et de repré­sailles dans un engrenage infernal devenu presque incon­trô­lable. Les efforts déployés pour bloquer et punir l’immigration clan­destine prirent cette fois une dimension san­glante, même si, en règle générale, les Bri­tan­niques firent preuve de retenue et d’humanité face au terrorisme.

-  Le 1er/​03/​47 : explosion d’une grenade par l’IZL à l’Officer Club de Tel Aviv ; plus de 20 mili­taires bri­tan­niques tués, 30 blessés.
-  31÷03÷47 : le LHI sabote la raf­fi­nerie de Haïfa.
-  Avril-​​mai 1947 : session extra­or­di­naire à l’ONU ; création de l’UNSCOP (Com­mission spé­ciale des Nations unies pour la Palestine)
-  Le 4÷05÷47, l’Irgoun s’introduit dans la prison bri­tan­nique d’Acre ; il libère une ving­taine de ses membres et quelque 200 pri­son­niers arabes ; mais, 9 des assaillants sont tués et 8 cap­turés.
-  Juin –juillet 1947 : l’UNSCOP passe 5 semaines en Palestine ; les Juifs placent des micros dans les locaux de la com­mission et entendent ce que chaque membre et témoin déclare.
-  8/​07 : jugement des 8 assaillants cap­turés ; 3 sont condamnés à mort.
-  12/​07 : l’Irgoun enlève 2 ser­gents bri­tan­niques ; l’Exodus appa­reille dans le sud de la France.
-  Le 18/​07 : les Royal Marines inter­ceptent l’Exodus au large de Gaza.
-  29/​07 : les 3 condamnés à mort sont exé­cutés ; l’Irgoun pend les 2 Bri­tan­niques et piègent leurs cadavres ; un capi­taine bri­tan­nique est blessé lorsqu’il veut les détacher.
-  30/​07 : repré­sailles bri­tan­niques à Tel Aviv : des hommes de la sécurité tirent des rafales sur des piétons faisant 5 morts et 10 blessés ; des juifs sont roués de coups et des magasins sac­cagés.
-  Fin juillet : l’UNSCOP en Europe pour inter­roger les per­sonnes déplacées.
-  Le 1er/​09/​07 : l’AG de l’ONU conclut una­ni­mement à la nécessité de mettre fin au mandat bri­tan­nique.
-  16÷09÷47 : la Ligue arabe décide de créer une Armée de Libé­ration arabe com­posée de Pales­ti­niens et de volon­taires venus des Etats arabes, com­mandée par Fawzi al-​​Qawuqji

Le partage de la Palestine, le 29 novembre 1947.

-  Avant le vote du plan de partage, la Ligue arabe crèe un comité mili­taire, présidé par le général Ismaïl Safwat, ancien chef d’état-major de l’armée ira­kienne, afin d’assister les Pales­ti­niens. Dans son rapport à la Ligue, Safwat explique : « les sio­nistes pos­sèdent des ins­ti­tu­tions et orga­ni­sa­tions poli­tiques, mili­taires et admi­nis­tra­tives carac­té­risées par un très haut degré d’efficacité ; ils peuvent aligner 20000 hommes, comptent 40 000 réser­vistes, jouissent de bonnes voies de com­mu­ni­cation et leurs implan­ta­tions sont très bien défendues ; les Pales­ti­niens ne pos­sèdent rien de tout cela ».

-  Le 11/​10 pour les USA et le 13/​10 pour l’URSS : décla­ration sou­tenant la par­tition de la Palestine.
-  Le 29÷11÷47 : le vote du plan de partage. Les sio­nistes et leurs par­tisans exul­taient ; les Arabes, pour leur part, quit­tèrent la salle après avoir déclaré nulle la réso­lution. Ils ne pou­vaient com­prendre, écrivit plus tard un his­torien pales­tinien, pourquoi 55% du ter­ri­toire avait été alloué à 37% de la popu­lation alors qu’elle n’en pos­sédait concrè­tement que 7%. Puis, Benny Morris cite Khalidi « les Pales­ti­niens ne sai­sirent pas pourquoi il leur fallait payer pour l’Holocauste…ils ne sai­sirent pas pourquoi il était injuste que les Juifs consti­tuent une minorité dans un Etat pales­tinien uni­taire alors qu’il était juste pour presque la moitié de la popu­lation pales­ti­nienne – popu­lation autochtone et majo­ri­taire vivant sur sa propre terre ances­trale – de se voir convertie du jour au len­demain en une minorité sous domi­nation étrangère ».

3 réactions de dirigeants sionistes :

Golda Meir « pendant deux mille ans, nous avons attendu notre déli­vrance. Et main­tenant qu’elle est là, elle paraît si grande, si mer­veilleuse que les mots manquent pour exprimer nos sen­ti­ments. Juifs, mazel tov ! –bonne chance ! » Yosef Nahmani, conseiller muni­cipal et chef du bureau local du Fonds national juif à Tibé­riade : « dans le fond de mon cœur, la joie se mêlait à la tris­tesse : la joie parce que les autres peuples nous avaient enfin reconnus comme un nation pourvue d’un Etat, et la tris­tesse , parce que nous avions perdu la moitié du pays, la Judée et la Samarie et qu’en outre, nous allions avoir 400 000 arabes dans notre Etat. »

Le début des hostilités.

-  le 30÷11÷47 : embuscade contre 2 bus près de Kfar Syrkin : 7 morts juifs ; un autre juif assassiné à la limite entre Jaffa et Tel Aviv.
-  Le 1er/​12/​47 : le HCA décrète une grève générale de 3 jours de la com­mu­nauté arabe de Palestine à compter du 2/​12.
-  Le 2÷12÷47 : une foule armée de bâtons et de cou­teaux s’en prend aux com­merces et aux pas­sants juifs de la Vieille Ville de Jéru­salem ; plu­sieurs juifs sont blessés ; des unités de la Haganah tirent dans la foule et au-​​dessus des têtes.

La guerre civile – novembre 1947/​14 mai 1948 (pages 212 à 237)

remarques géné­rales sur la période (page 218) : pour la Haganah « dès la mi-​​décembre, une défense active ou agressive avait rem­placé le principe de la simple défense…les Juifs avaient ten­dance à exercer des repré­sailles dis­pro­por­tionnées aux attaques arabes ini­tiales. Cette stra­tégie contribua à embraser d’autres régions qui avaient jusque-​​là échappé aux hos­ti­lités. Dès le début, l’Irgoun et le Lehi, ainsi que la Haganah dans une moindre mesure, per­pé­trèrent des attentats contre des centres civils et des milices. Les Arabes ripos­tèrent en plaçant d’importantes charges explo­sives dans les centres civils juifs, en par­ti­culier à Jérusalem. »

-  décembre 47 : des délé­ga­tions arabes venus de Haïfa, Jéru­salem et Jaffa ren­contrent Hus­seini en Egypte pour lui demander de laisser les villes en paix ; les juifs de Tel-​​Aviv et les Arabes de Jaffa signent un pacte de non-​​agression en vue notamment de per­mettre à chacun d’exporter ses récoltes d’agrumes.
-  début décembre 47 : Abdel Qader al-​​Husseini et Hassan Salame reviennent en Palestine et mettent sur pied des bandes armées, avec également des Syriens et des Ira­kiens.
-  décembre 1947 : pre­mière attaque orga­nisée contre un quartier juif urbain : Hatikva à Tel Aviv. Le 4/​12 : des Arabes ouvrent le feu pour prendre qques maisons, la Haganah riposte et les troupes bri­tan­niques inter­viennent : plu­sieurs vic­times arabes, 2 morts et des blessés du côté de la Haganah. Le 7/​12, la Haganah dynamite une maison dans le village voisin de Salame ; le 8/​12, des cen­taines d’irréguliers arabes lancent un assaut frontal pour conquérir Hatikva ; ils sont repoussés ; environ 60 arabes et 2 juifs perdent la vie dans cet incident.
-  Le 11/​12, guet-​​apens contre un convoi reliant Jéru­salem aux implan­ta­tions juives d’Etzion : 10 juifs tués.
-  Le 12÷12÷47 : le Palmah attaque un autobus près de Safed qui trans­portait mani­fes­tement des irré­gu­liers arabes : 6 morts, 30 blessés.
-  Le 14÷12÷47, un autre convoi attaqué : 14 vic­times juives.
-  16÷12÷47 : le Palmah tend une embuscade sur la route près de Beit Naballah : plu­sieurs arabes tués ou blessés..
-  18/​12 : raid du Palmah contre le village de Khisas : 7 hommes, 1 femme et 4 enfants tués ; en repré­sailles, le 9÷01÷48, 300 Arabes prennent d’assaut le kib­boutz de Kfar Szold ; 8 véhi­cules blindés bri­tan­niques viennent aider les défen­seurs et les Arabes sont repoussés. 1 mort et 4 blessés pour la Haganah ; 24 morts et 67 blessés pour les Arabes.
-  Les 13 et 29÷12÷47, 2 attentats à la bombe per­pétrés par l’IZL à Jéru­salem : 37 arabes tués et 80 blessés.
-  Le 30÷12÷47, l’IZL lance plu­sieurs bombes sur la foule qui attend l’autobus près de la raf­fi­nerie de Haïfa : 6 morts et des dizaines de blessés arabes ; des tra­vailleurs arabes de la raf­fi­nerie s’en prennent à leurs col­lègues juifs : 39 morts et 50 blessés.
-  Le 31÷12÷48, en repré­sailles, la Haganah et le Palmah inves­tissent Balad al Sheik et Hawassa, 2 vil­lages à la péri­phérie de Haïfa : 76 vic­times dont des femmes et des enfants.
-  Pre­mière quin­zaine de janvier 48 : 3 bataillons de l’Armée de libé­ration arabe entrent en Palestine.
-  Le 4÷01÷48, le Lehi fait sauter un camion chargé d’explosifs devant la mairie de Jaffa qui accueillait les bureaux locaux du Comité national arabe : 26 per­sonnes tuées.
-  Le 5÷01÷48, la Haganah fait sauter une partie de l’hôtel Semi­ramis à Jéru­salem : 26 civils tués.
-  Le 20÷01÷48, un bataillon de l’Armée de libé­ration arabe attaque le kib­boutz Yehiam et se retire après 5 heures de combat.
-  Le 1er/​02/​48, Fawzi al-​​Kutub, le prin­cipal arti­ficier des Hus­seini (il avait été formé en Alle­magne nazie) fait sauter un camion piégé devant les bureaux du Palestine Post dans le centre-​​ville de Jéru­salem : 1 juif tué, plus de 20 per­sonnes blessées.
-  Le 16÷02÷48, un autre bataillon attaque le kib­boutz Tirat-​​Zvi puis bat en retraite.
-  Le 22÷02÷48, Kutub prépare un convoi de 3 camions bri­tan­niques et d’une voiture blindée et les fait exploser, avec l’aide de 6 déser­teurs et poli­ciers bri­tan­niques, rue Ben Yehuda, en plein cœur de la Jéru­salem juive : 58 morts et 32 blessés graves. En repré­sailles, l’Irgoun et le Lehi tuent 16 mili­taires et poli­ciers bri­tan­niques dans les rues de Jéru­salem.
-  Le 28÷02÷48, le Palmah fait un attentat à la voiture piégée dans le centre-​​ville de la Haïfa arabe : 30 tués et 70 blessés.
-  Le 29÷02÷48, tou­jours en repré­sailles de l’attentat de la rue Ben Yehuda, le Lehi place une bombe dans un train qui trans­por­taient des troupes bri­tan­niques : 27 soldats tués.
-  Le 10/​03, Yigaël Yadin, le chef des opé­ra­tions de la haganah, soumet à l état-​​major général son plan D : il fallait écraser la puis­sance mili­taire des Arabes pales­ti­niens et sou­mettre leurs quar­tiers urbains et vil­lages ruraux situés dans les régions dévolues à l’Etat juif…les com­man­dants de brigade et de bataillon reçurent la per­mission de raser ou de faire évacuer puis miner les vil­lages arabes hos­tiles ou poten­tiel­lement hostiles.(page 228)
-  Le 11÷03÷48, attentat arabe uti­lisant une voiture piégée du consulat amé­ricain dans les locaux des ins­ti­tu­tions natio­nales du Yishouv ( le bureau central de l’Agence juive et du FNJ, le quartier général de la Haganah) : 10 tués et 10 blessés graves.
-  Le 19/​03, la délé­gation amé­ri­caine à l’ONU dépose une motion en vue de sus­pendre la par­tition de la Palestine et d’y établir un régime de tutelle inter­na­tionale.
-  Fin mars : 3 revers majeurs subis par la Haganah sur les routes près de Jéru­salem : elle perd 26 hommes et 18 véhi­cules.
-  Le 25/​03, Truman réaf­firme son soutien à la par­tition.
-  27 mars, un important convoi part de Jéru­salem au bloc d’Etzion est bloqué ; 186 soldats de la Haganah – hommes et femmes-​​ se réfu­gient dans une maison ; le matin du 28 mars, les Bri­tan­niques inter­viennent et négo­cient : les avions de la Haganah cessent leurs tirs, les soldats assiégés déposent leurs armes et sont évacués par les Bri­tan­niques ; les Arabes récu­pèrent les armes ; 15 morts et une soixan­taine de blessés du côté de la Haganah ; environ 60 morts et 200 blessés du côté arabe.
-  Ce même 27/​O3 , un autre convoi de la Haganah qui allait ravi­taillé la colonie isolée de Yehiam est attaqué : 47 tués et 7 blessés pour la Haganah, entre 3 et 6 tués pour les Arabes.
-  Le 30÷03÷48, la Haganah tire sur un autobus arabe aux environs de Khulda tuant le chauffeur et plu­sieurs pas­sagers ; le même jour, un gardien juif est tué. En repré­sailles, la Haganah fait sauter une maison dans un village voisin faisant 15 morts. Le 31/​03, un convoi d’approvisionnement de la Haganah est attaqué près du kib­boutz de Khulda ; 22 tués et 16 blessés pour la Haganah, 8 tués dans le camp arabe.
-  Le 31/​03, Ben Gourion et le com­man­dement de la Haganah prennent des déci­sions stra­té­giques cru­ciales : la mobi­li­sation de 1500 hommes pour conserver à tout prix les quar­tiers juifs de Jéru­salem ( 1/​6 ème de la popu­lation du Yishouv et portée sym­bo­lique) et donc neu­tra­liser les vil­lages, bases des prin­ci­pales milices arabes.
-  Début avril, la Haganah reçoit sa pre­mière grosse livraison d’armes de Tchécoslovaquie.

Le 2/​04, début de l’opération « Nahshon » pour le contrôle du cor­ridor de Jérusalem :

-  le Palmah s’empare du village de Qastel, à 5 Kms à l’ouest de Jéru­salem, village qui dominait la route menant à Jéru­salem. Celui qui contrôlait Qastel contrôlait l’accès à Jéru­salem par l’ouest.
-  Le 4/​04, la brigade Giv’ati fait sauter dans les environs de Ramleh le quartier général d’Hassan Salame : 17 tués chez les irré­gu­liers arabes. Un convoi de secours au départ de Khulda atteint Jéru­salem sans incident.
-  Le 8/​04, Abdel Qader al-​​Hussseini, gra­vissant la colline vers Qastel, est tué par une sen­ti­nelle ; la mort de la plus grande per­son­nalité mili­taire pales­ti­nienne et com­mandant des milices de la région des monts de Judée et de Jéru­salem marqua un tournant décisif dans la guerre civile. Des mil­liers d’Arabes armés affluent pour récu­pérer le corps de Hus­seini ; ils reprennent Qastel et orga­nisent les funé­railles en grande pompe à Jéru­salem ; ils enterrent Hus­seini sur le Mont du Temple à côté de son père.
-  Le 9/​04, le Palmah reprend Qastel ; l’ordre opé­ra­tionnel donné le 8/​04 autorise expli­ci­tement la des­truction du village.
-  Ce même 9/​04, conquête de Deir Yassine, situé entre Jéru­salem et Qastel, par l’Irgoun et le Lehi, assistés par la Haganah.

Deir Yassine n’évoque pas une opé­ration mili­taire mais plutôt les atro­cités com­mises par les hommes de l’Irgoun et du Lehi : des familles entières furent cri­blées de balles, de frag­ments de gre­nades et enterrées sous les décombres de leurs maisons détruites à l’explosif ; hommes, femmes et enfants furent fauchés lorsqu’ils émer­geaient des habi­ta­tions ; cer­tains furent emmenés à l’écart et tués de sang-​​froid ; à la fin de la bataille, des groupes de vieillards, de femmes et d’enfants furent embarqués dans des camions et exhibés à travers les rues de Jérusalem-​​Ouest et aban­donnés ensuite à Jérusalem-​​Est.  [1]

-  le 13 avril, des mili­ciens arabes de Jéru­salem et des vil­lages envi­ron­nants attaquent un convoi en route pour l’hôpital Hadassah trans­portant des confé­ren­ciers, des infir­mières, des médecins, non armés pour la plupart ainsi que 2 com­bat­tants de l’Irgoun blessés à Deit Yassine ; la Palmah arrivent sur les lieux : 6 heures de fusillade et fina­lement les Arabes arrosent d’essence les autobus et y mettent le feu ; plus de 70 juifs tués.

Bilan de l’opération « Nahshon » : un certain nombre de loca­lités arabes occupées à titre défi­nitif ou car­rément rasées ; cependant, d’autres vil­lages conti­nuaient à bloquer par inter­mit­tence le passage sur la route entre Tel-​​Aviv et Jéru­salem ; la route de Jéru­salem demeurait fermée

du 4 au 15 avril : bataille pour le kib­boutz de Mishmar Ha’Emek ( sur la route prin­cipale entre Haïfa et Jénine) entre l’armée de libé­ration arabe de Qawuqji ren­forcée par les mili­ciens des vil­lages arabes et les défen­seurs de la colonie appuyés par la Haganah.

-  du 4 au 8 avril, attaque arabe à l’artillerie puis assaut par l’infanterie, repoussée.
-  Le 8 avril, contre-​​attaque de la Haganah : en six jours, la Haganah rase 10 vil­lages des environs ; les habi­tants s’enfuient ou sont expulsés ; les 8-​​9 avril, Ben Gourion approuve les prin­cipes des mesures prises par la Haganah.
-  Le 15 avril, la région autour de Mishmar Ha’Emek ne compte plus de popu­lation arabe

du 12 au 16 avril, bataille autour du kib­boutz de Ramat Yohanan entre une unité druze de l’Armée de libé­ration et la Haganah.

-  le 12 avril, attaque des Druzes.
-  Le 16 avril, contre-​​offensive de la Haganah qui s’empare, puis rase 2 vil­lages : Khirbet Kasayir et Hosha dont les habi­tants s’enfuient.
-  Les Druzes quittent l’Armée de libé­ration et font la paix avec la Haganah, mar­quant ainsi le début de l’alliance israélo-​​druze.

Du 12 au 16 avril, opération contre les quartiers arabes de Tibériade.

-  le 12 avril, la Haganah attaque le village de Khirbet Nasir ad Din (qui domine les quar­tiers juifs de Tibé­riade) ; visi­blement, des atro­cités sont com­mises car les vil­la­geois s’enfuient vers les quar­tiers arabes de Tibé­riade et sèment la panique.
-  Le 16 avril, la Haganah attaque au mortier les quar­tiers arabes de la ville et s’empare de plu­sieurs maisons ; les Bri­tan­niques refusent d’intervenir ; la résis­tance arabe cède en vingt-​​quatre heures ; les notables arabes demandent une trêve, refusée par la Haganah ; ils décident alors l’évacuation de la ville ; les Bri­tan­niques imposent un couvre-​​feu ; la popu­lation arabe est emmenée en camions vers Nazareth et la Jor­danie ; les Juifs pillent les quar­tiers abandonnés.

du 20 au 22 avril, opération contre les quartiers arabes de Haïfa.

contexte : en 1947, la ville abrite environ 70 000 Juifs et autant d’Arabes, ce qui en fait, avec Jaffa, la plus forte concen­tration arabe en Palestine. Les deux popu­la­tions vivaient en relative har­monie depuis des décennies ; au début de la guerre civile, les rela­tions s’enveniment : les deux camps échangent des tirs le long de la limite entre leurs com­mu­nautés et placent des bombes dans les quar­tiers de leurs voisins.

-  Dans la nuit du 20 au 21 avril, les unités bri­tan­niques déployées le long de la limite entre les quar­tiers arabes et juifs se retirent pré­ci­pi­tamment et les mili­ciens des deux camps luttent pour le contrôle des posi­tions domi­nantes.
-  Le 21 avril, la Haganah donne l’assaut, une attaque menée selon le plan D ; la résis­tance arabe s’effondre pro­gres­si­vement, les civils perdent le moral et la majorité de la popu­lation s’enfuit ; les Bri­tan­niques refoulent une colonne arabe venant en renfort ; ; un certain nombre de grands chefs arabes quittent Haïfa juste avant ou pendant la bataille pour aller chercher de l’aide selon la version offi­cielle.
-  Le 22 avril, les Arabes demandent une trêve, refusée ; les diri­geants arabes, qui pré­fé­raient ne pas se rendre, annoncent leur intention d’évacuer la ville avec leur com­mu­nauté, malgré un appel du maire juif à rester sur place.
-  La semaine sui­vante, tous les Arabes, sauf trois ou quatre mille d’entre eux, quittent Haïfa et les Juifs prennent entiè­rement le contrôle de la ville.

du 25 avril au 13 mai, opération contre les quartiers arabes de Jaffa.

-  le 25 avril, l’IZL lance une offensive contre Man­shiya, le quartier nord de Jaffa ; la popu­lation arabe fuit vers le centre-​​ville.
-  Pendant soixante-​​douze heures, l’IZL pilonne le centre-​​ville au mortier et pro­gresse vers la mer ; au fur et à mesure de leur avancée, la popu­lation fuit vers le sud.
-  Le 28 avril, le général et haut-​​commissaire Alan Cun­ningham ordonne à l’IZL de quitter man­shiya ; les troupes bri­tan­niques entrent dans Jaffa ; l’Irgoun fait sauter le fort de la police locale ; malgré la pré­sence bri­tan­nique, l’exode arabe se poursuit.
-  Les 27 et 28 avril, la Haganah attaque et contrôle des vil­lages arabes à l’Est de Jaffa, ampli­fiant l’exode ; des mili­ciens arabes contri­buent à l’exode : ils pillent les maisons désertées et, parfois, mal­traitent et volent les occu­pants encore pré­sents. Les habi­tants savaient que la GB reti­rerait ses troupes dans deux semaines.
-  Le 13 mai, les der­niers notables se rendent à la Haganah ; Jaffa ne compte plus que 4 à 5000 habi­tants sur les 80 000 qu’elle comptait aupa­ravant.
-  Le 18 mai, Ben Gourion visite la ville conquise et note dans son journal : « je n’arrivais pas à com­prendre pourquoi les habitants…étaient partis. »

Du 15 avril au 13 mai, opé­ration « Yiftah » pour la conquête des vil­lages arabes de Galilée orientale et de Safed.

-  15 avril : début de l’opération.
-  Le 16 avril, les Bri­tan­niques évacuent Safed, le centre poli­tique et com­mercial de la Galilée orientale ; de 10 à 12 000 Arabes et 1500 Juifs.
-  Le 1er mai, le Palmah s’empare des vil­lages de Biriya et d’Ein az Zeitun (au nord de Safed) et les démo­lissent les deux jours sui­vants.
-  Le 2 mai, les habi­tants arabes de Safed com­mencent à quitter la ville.
-  Le 4 mai, le Palmah effectue une pousée de Rosh Pina vers le sud-​​est et vide toute la région de ses Bédoins, jusqu’à la rive nord du lac de Tibé­riade.
-  Le 6 mai, le Palmah lance un premier assaut contre la ville mais il est repoussé.
-  Les Arabes cherchent à conclure une trêve mais elle est refusée ; les Etats arabes n’envoient aucun renfort.
-  Le 10 mai, le Palmah tente un 2ème assaut, au mortier ; les lignes de défense des irré­gu­liers arabes cèdent et ils prennent la fuite
-  Le 12 mai, la ville est entiè­rement sous contrôle et presque tous ses habi­tants arabes avaient fui.
-  Allon lance une guerre psy­cho­lo­gique « si vous ne fuyez pas immé­dia­tement, vous serez mas­sacrés, vos filles seront violées… » : presque tous les vil­la­geois de la vallée du Hola (au nord de Safed) s’enfuient.
-  La brigade Golani vide les vil­lages arabes des vallées du Jourdain et de Jezréel ainsi que la localité de Beisan (le 13 mai) ; la plupart des habi­tants s’enfuient ou furent conduits en Trans­jor­danie.
-  Toute la Galilée orientale se trouve aux mains des Juifs.

du 13 au 22 mai, opé­ration « Ben-​​Ami » pour la conquête de la Galilée occidentale.

-  une région désignée par le plan de partage comme ter­ri­toire arabe pales­tinien ; les colonies juives de cette région obtiennent des hautes sphères de la Haganah et de l’Exécutif de l’Agence juive, l’opération Ben-​​Ami.
-  Le 13 mai, la brigade Carmeli s’empare d’une poignée de vil­lages.
-  Les 18 et 19 mai, Acre tombe aux mains de la brigade ; la plupart de ses habi­tants fuient, à l’exception de 5 à 6000 per­sonnes.
-  Les 21 et 22 mai, les troupes s’emparent de vil­lages situés plus haut dans les col­lines.
-  L’Etat juif s’assure ainsi de la Galilée occi­dentale depuis la Médi­ter­ranée jusqu’à une ligne à environ 10 ou 13 KMS plus à l’est.

2 offensives menées par les forces arabes extérieures.

-  des irré­gu­liers des Frères musulmans attaquent Kfar Darom, un kib­boutz dans le Néguev ; leur assaut est repoussé.
-  Des unités de la Légion arabe, sou­tenue par des cen­taines de vil­la­geois, s’emparent du bloc Etzion, composé de 4 colonies au nord d’Hébron. Le 4 mai, premier assaut : 40 défen­seurs tués ou blessés. Le 12 mai, 2ème assaut ; le 13 mai, la prin­cipale colonie, Kfar Etzion, est prise ; les défen­seurs encore en vie déposent les armes ; ils sont fauchés par les paysans et cer­tains légion­naires : 120 défen­seurs dont 21 femmes sont tués ce jour-​​là ; parmi les 4 sur­vi­vants, 3 furent sauvés par des Arabes. Les 3 autres kib­boutzim résistent jusqu’au 14 mai ; l’Etat-major de la Haganah les autorise à se rendre ; 350 défen­seurs se retrouvent pri­son­niers en Jordanie.

[1] A propos de Deir Yassine, cf page 231 sur le nombre de vic­times et dif­fé­rentes appréciations.