17 avril, journée des prisonniers palestiniens

Saed Bannoura, dimanche 19 avril 2009

La société des pri­son­niers pales­ti­niens (PPS) vient de publier un rapport détaillé qui révèle qu’Israël détient 10 500 Pales­ti­niens. Extraits.

La PPS indique que le pri­sonnier Nael Al Bar­ghouthi evient d’entamer sa 33ème année de détention alors qu’onze autres pri­son­niers ont passé plus de 25 ans en prison [1]. La PPS rap­porte que 76 détenus sont condamnés à la prison à vie, que 87 femmes sont encore détenues et que 630 détenus sont empri­sonnés en détention admi­nis­trative, sans accu­sation ou procès.

Selon Abdullah Al Zaghari, res­pon­sable de la PPS à Bethléem 1045 Pales­ti­niens du dis­trict de Bethléem sont empri­sonnés par Israël, dont 320 ont été condamnés par des tri­bunaux israé­liens courts, 65 sont en détention admi­nis­trative, 5 sont des femmes, et 651 sont tou­jours en attente de jugement.

 Al Zaghari ajoute qu’Israël a inten­sifié les vio­la­tions et les res­tric­tions des droits des détenus après l’échec d’un échange de pri­son­niers. Ils ont placé des dizaines de pri­son­niers à l iso­lement et ont en outre imposé des amendes élevées à des dizaines d’autres. Israël a également privé les pri­son­niers de leur droit aux visites comme pour les punir de l’échec de l’échange. Parmi les autres vio­la­tions des droits des détenus, les fouilles des cel­lules [2] et l’interdiction de soins médicaux élémen­taires pour des pri­son­niers malades ou blessés [3].

La PPS indique aussi qu’ Israël retient tou­jours les corps de 20 Pales­ti­niens qui sont morts lors d’attaques contre des cibles israé­liennes ou d’ attentats-​​ suicide. Abdul-​​Nasser Farwana, cher­cheur pales­tinien spé­cia­liste des affaires des pri­son­niers, affirme qu’Israël retient tou­jours les corps de cen­taines de Pales­ti­niens morts lors d’attaques contre Israël depuis 1967. Il déclare que les corps des pri­son­niers non rendus sont placés dans des morgues israé­liennes ou des cime­tières connus sous le nom de Cime­tières des numéros car les tombes ne portent pas de noms, seulement des numéros .

D’après la PPS 72 pri­son­niers pales­ti­niens sont morts dans les prisons israé­liennes depuis le début de la deuxième Intifada qui com­mença à la fin sep­tembre 2000, et le nombre total des pri­son­niers qui sont morts dans les geôles israé­liennes se montant à 195.

3 pri­son­niers au moins sont morts sous la torture [4] , 17 par négli­gence médicale. 51 furent tués par balle après leur capture et un pri­sonnier a été abattu dans le camp de détention du Negev.

Pendant la deuxième Intifada, les soldats israé­liens ont kid­nappé 750 femmes, dont 87 sont tou­jours empri­sonnées, et ont en outre kid­nappé plus de 7500 enfants dont près de 300 sont tou­jours en prison. Quatre pri­son­nières ont accouché der­rière les bar­reaux, et l’armée israé­lienne a arrêté des dizaines de mères, d’épouses ou de parentes de com­bat­tants recherchés afin de faire pression sur les résis­tants pour qu’ils se rendent.

Alors que les Pales­ti­niens se pré­pa­raient à marquer le 17 avril, la journée des Pri­son­niers pales­ti­niens, la PPS annoncé toute une série d’activités afin d’exprimer la soli­darité aux prisonniers [5].

Cela com­prend des mani­fes­ta­tions de rue, des inter­views et des pro­grammes sur les pri­son­niers sur les radios et télé­vi­sions locales des confé­rences dans les écoles et autres lieux d’éducation ainsi que d’autres acti­vités populaires.

Une radio pour les pri­son­niers pales­ti­niens

C’est un acte de résis­tance sans pré­cédent des pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens avec le lan­cement de l’émission "La voix des pri­son­niers". Cette émission de radio racontera le quo­tidien de la vie car­cérale dans « toutes les prisons israé­liennes et les centres de détention ", disent les organisateurs.

Pour Ra’fat Hamduna, Directeur du Centre d’étude des pri­son­niers, il s’agit de la « réa­li­sation d’une ini­tiative sans pré­cédent." Il a expliqué lundi que l’émission per­mettra l’exercice de cer­tains droits des 11.000 pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens détenus par l’administration israélienne.

"Le son viendra comme rem­placer les visites, qui sont empê­chées pour l’ensemble des détenus pales­ti­niens de la bande de Gaza et une partie de ceux de Cis­jor­danie pour des raisons de sécurité et autres pré­textes futiles."

« C’est un défi au gou­ver­nement d’Israël et à sa poli­tique envers les détenus dans les prisons’’ ajoute Ham­douna. « Par la voix des pri­son­niers, il y aura un lien entre eux et leurs familles. La "Voix des détenus" per­mettra d’exposer les vio­la­tions qui sont contraires à la démo­cratie, aux droits de l’Homme et aux conven­tions inter­na­tio­nales. " Hamduna pense que les émis­sions de radio pourront également contribuer à l’unité du peuple pales­tinien, en par­ti­culier sur la question des pri­son­niers qui ‘’doit faire l’objet d’un consensus national.’’

Les pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens, les syn­dicats et les orga­ni­sa­tions de défense des droits de l’homme sont à l’origine du projet a sou­ligné Saleh Al Masri, le manager de la Radio au PNN. Ce lundi est le début officiel de la radio. « Nous sommes nou­veaux et nous dif­fusons 24 heures sur 24"

Le studio qui diffuse l’émission, via les mobiles, est situé dans la bande de Gaza. « C’est pour que les gens puissent entendre la voix de leurs enfants. Il émettra également à Jéru­salem, Al Aqsa et en Cis­jor­danie ", a déclaré Al Masri au PNN cet après-​​midi.

Le Jihad isla­mique, le directeur de la Radio de Jéru­salem, Al-​​Masri et Hamduna sont parmi ceux qui ont lancé l’idée de dif­fuser la parole de pri­son­niers à un large public.

Al Masri a sou­ligné que « Les pri­son­niers exa­mi­neront toutes les pré­oc­cu­pa­tions des détenus, leur sécurité, leurs impres­sions et points de vue poli­tique’’. Ils don­neront également des ‘’nou­velles aux proches."

Hamduna rap­pelle que la détention d’environ 11 000 pri­son­niers par Israël est illégale et contraire aux conven­tions internationales.

Rabah Marzuk, ingé­nieur et directeur exé­cutif de la radio Al Qods, a appelé les pays arabes et les ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales à s’appuyer sur la radio pour défendre la cause huma­ni­taire des pri­son­niers et de la Palestine en général. [6]

[1] Selon Farwana, cher­cheur pales­tinien spé­cia­liste des affaires des pri­son­niers, “95 Pales­ti­niens sont détenus par Israël depuis plus de 20 ans.

Il a déclaré qu’en mars 2009 4 nou­veaux pri­son­niers se sont ajoutés à cette liste :
- Ibrahim Lutfi Taqmouq, détenu depuis 3÷3÷1989 ; Sami Nayif Al Na’neeshy, depuis 3÷5÷1989, tous deux de Naplouse ; Eyad Ahmad Abu Hasna, depuis15/​​3/​​1989 ; et Mohammad Abdul-​​​​Rahman Zaqqout, depuis 23÷3÷1989, tous deux de Gaza.

De plus, 6 détenus ont été kid­nappés par l’armée israé­lienne en mars 1986 :
- Mohammad Abdul-​​​​Hadi Al Hosni,de Gaza ; Tawfiq Ibrahim Abdullah ; Mustafa Mahmoud Qar’oush, de Naplouse ; Ibrahim Nayif Abu Mokh ; Roshdy Hamdan Abu Mokh et Ibrahim Bayadsa . Mahmoud Salem Abu Khreish, de Ramallah, a été kid­nappé par l’armée israé­lienne il y a 22 ans.

En outre, 3 pri­son­niers ont entamé la semaine passée leur 15ème année en prison :
- Abdul-​​​​Rahman Hasan Al Awawda de Hébron ; Atiyya Salem Abu Mousa ; et Hazim Qassem Shbeir de Khan Younis. Kid­nappés en mars1993. 334 détenus furent kid­nappés avant les accords d’Oslo et avant l’établissement de l’Autorité nationale palestinienne.

[2] Des détenus de la prison de Ramon exigent qu’Israël mette un terme aux fouilles au corps

Les Pales­ti­niens empri­sonnés à Ramon en appellent aux défen­seurs des droits humains pour que l’on oblige Israël à cesser les fouilles au corps pro­vo­ca­trices de pri­son­niers nus que les soldats leurs infligent. Ils ont déclaré qu’il y a quelques jours ils ont du se dévêtir en public tandis que les soldats les insul­taient et fouillaient leurs cel­lules, affirmant rechercher du « matériel illégal » dans les pièces. C’est à dire, en général, des livres et du matériel éducatif.

L’administration péni­ten­tiaire israé­lienne a récemment décidé d’interdire les journaux et a confisqué radios et télé­vi­seurs. Les détenus appellent les orga­ni­sa­tions de défense des droits humains et la Crois rouge à inter­venir pour mettre un terme aux vio­la­tions de leurs droits par les Israéliens.

La prison Ramon est située près de la fron­tière égyp­tienne, très isolée et dif­ficile à atteindre, y être détenu est considéré comme une punition infligée aux pri­son­niers et à leurs familles.

[3] 1600 pri­son­niers malades néces­sitent des soins urgents. Par exemple, il y a 27 détenus sans trai­tement médical à l’hôpital de la prison de Al Ramla

Selon un groupe légal de défense des pri­son­niers palestiniens, 27détenus qui se trouvent à l’hôpital de la prison de Al Ramla ne reçoivent pas de trai­tement approprié, dans cet hôpital qui manque d’équipement de base.

L’“ Ins­titut de Soli­darité inter­na­tionale” vient de publier un rapport qui indique que plu­sieurs pri­son­niers malades, condamnés à de longues peines, sont soumis à un mar­chandage : les ser­vices de sécurité israé­liens exige des infor­ma­tions en échange des trai­te­ments médicaux dont ils ont besoin.

Selon l’ Ins­titut, le pri­sonnier Akram Salama a besoin de soins médicaux immé­diats mais il n’en reçoit pas. Kid­nappé le 30 mai 1995, Salama a été condamné à 30 ans de prison.

Cinq détenus souffert de para­plégie parce que l’armée leur a tiré dessus avant de les arrêter : 1. Mohammad Mustafa Abdul-​​​​Aziz, blessé et kid­nappé le 1er juillet 2000, condamné à 12 ans. 2. Mansour Moqadi, kid­nappé le 2 juillet 2000, condamné à la détention à vie 3. Khalid Jamal Al Sha­weesh kid­nappé le 25 mai, 2008, condamné quatre fois à la prison à vie 4. Ashraf Abu Dreibi’, kid­nappé le 14 mai 2006, condamné à 6ans et demi 5. Othman Jamal Khalily, kid­nappé le 2 juillet 2008.

Selon le Ministère pales­tinien des prisonniers 550 détenus ont besoin d’opérations chi­rur­gi­cales, 170 souffrent de maladies sérieuses (cancer, pro­blèmes car­diaques ou cir­cu­la­toires, pro­blèmes rénaux) alors que 17 autres ont besoin de fau­teuils rou­lants ou de béquilles.

Le Ministère a ajouté que 80 détenus souffrent de diabète, que 45 pri­son­niers, blessés par balles avant leur enlè­vement ou au moment de leur arres­tation, ont tou­jours des frag­ments de balles dans le corps. De plus, le centre pales­tinien d’étude sur les pri­son­niers affirme que l’état médical de la pri­son­nière Raja’ Al-​​​​Ghoul, détenue et inter­rogée dans les prisons de l’occupant israélien depuis près de 17 jours, se dété­riore progressivement.

[4] Le cas le plus récent est Jom’a Ismail Mousa, de Jéru­salem, mort dans la prison d’Al Ramla le 24 décembre 2008. Des dizaines d’autres pri­son­niers sont tombés malades ont ont subi des bles­sures du fait de la torture extrême pendant les inter­ro­ga­toires, soumis à la vio­lence phy­sique et jetés dans de minus­cules cel­lules froides, sombres et humides. Autres formes de torture uti­lisées par Israël : forcer les détenus à se tenir debout pendant de longues périodes, les sou­mettre à des cou­rants d’air glacé, les attacher menottés sur des chaises, la tête courbée ou rejetée en arrière de force…

[5] y compris bien, sûr la qua­ran­taine d’élus pales­ti­niens kid­nappés et empri­sonnés au mépris de toutes les lois. Marwan Bar­ghouthi en est un exemple emblé­ma­tique. Comme est emblé­ma­tique en France Salah Hamouri, empri­sonné et condamné pour supposé délit d’intention] et que M. Sarkozy se refuse à "aller chercher où qu’il se trouve". Bien qu’il soit français et parce qu’il est pales­tinien. Et parce que M. Sarkozy, com­plice actif de vio­la­tions du droit, sou­tient Israël quoi qu’il fasse. Note :CL, Afps

[6] Ecrit par Osama Al Azzeh et Kristen Ess PNN