16 septembre 1982, massacres de Sabra et Chatila

Badil, vendredi 17 septembre 2004

On dit que le 11 septembre a changé le monde. Et le 16 septembre, alors ??

Le 16 sep­tembre com­mémore les mas­sacres de Sabra et Chatila en 1982, ce jour il y a près d’un quart de siècle, où 3500 civils pales­ti­niens, pour la plupart des réfugiés, sont morts dans les camps de réfugiés du Liban à Beyrouth.

En 1982 Ariel Sharon était Ministre de la Défense d’Israël. Une com­mission d’enquête israé­lienne a conclu que lui et d’autres Israé­liens étaient res­pon­sables du mas­sacre. Main­tenant Ariel Sharon est Premier Ministre d’Israël.

Au terme de la Loi de Juri­diction Uni­ver­selle de Bel­gique, Ariel Sharon a été accusé,dans le cadre du mas­sacre de Sabra et Chatila. L’affaire n’a pas abouti parce que la Bel­gique sous la pression des Etats-​​Unis et d’autres, a dû renoncer à appliquer sa loi. Cette loi met tout sim­plement la loi belge en accord avec les Conven­tions de Genève, ce que l’on attend de tout Etat signa­taire des Conventions.

Les Conven­tions de Genève demandent que soit pour­suivi ou extradé qui­conque se rend cou­pable de crimes contre l’humanité. Amnesty Inter­na­tional et Human Rights Watch (l’Observatoire des Droits Humains) entre autres sou­tiennent le concept d’une juri­diction universelle.

D’autres, qui ont une res­pon­sa­bilité dans le mas­sacre, ont conservé des fon­cions diri­geantes à la fois au Liban et en Israël .

Les choses n’ont guère changé pour les Pales­ti­niens. Les enquêtes sur le mas­sacre n’ont pas été rendues publiques. La plupart des cou­pables des mas­sacres sont en liberté. Aucune com­pen­sation n’a été apportée aux victimes.

Les tueries dans l’impunité conti­nuent, surtout pour les Pales­ti­niens. Dans les Ter­ri­toires Occupés de Cis­jor­danie et Gaza plus de 3100 Pales­ti­niens ont été tués par l’armée ou les colons israé­liens ces 4 der­nières années. Dans le même temps environ 1000 civils israé­liens et des membres ds forces de sécurité israé­liens ont été tués par des Palestiniens.

Au Liban les réfugiés pales­ti­niens ne peuvent tou­jours pas pos­séder de terre et se voient interdire l’accès à plus de 70 types d’emplois. En Cis­jor­danie et à Gaza, les Pales­ti­niens restent enfermés dans un ter­ri­toire qui rape­tisse de jour en jour, à cause des spo­lia­tions de terre quo­ti­diennes et de la construction du mur par Israël.

A tous les Pales­ti­niens qui ont perdu leurs foyers en 1948 puis au fil des années à cause des actions israé­liennes, on a interdit le droit au retour.

Cer­tains disent que le monde a changé le 11 sep­tembre 2001, mais le 16 sep­tembre, 22 ans après les mas­sacres de Sabra et Chatila, pas grand chose n’a changé pour les Palestiniens.