10 000 colons de plus en 2009

Gilles Paris, jeudi 11 mars 2010

On s’étonnait lundi de l’annonce de 112 loge­ments sup­plé­men­taires à Betar Illit à la veille de l’arrrivée du vice-​​président amé­ricain Joe Biden, c’était sans compter les 1 600 rendus publics à Jéru­salem qui ont, selon la presse israé­lienne de mer­credi, pro­voqué la colère du ministre de la défense israélien Ehoud Barak (celui là même qui avait autorisé les 112).

Ces annonces coïn­cident avec la publi­cation par le Bureau central des sta­tis­tiques israé­liens des pre­miers chiffres (sujets à révision) concernant l’évolution de la popu­lation israé­lienne en Cis­jor­danie, hors Jérusalem-​​Est en 2009. Cette popu­lation a enre­gistré en 2009 une hausse de 4,9%, certes légè­rement plus faible qu’en 2008 (5,1%) mais qui se traduit par un accrois­sement de 10 000 Israé­liens, et le fran­chis­sement de la barre de 300 000 per­sonnes. En ajoutant Jérusalem-​​est, le chiffre total d’Israéliens ins­tallés dans des ter­ri­toires conquis mili­tai­rement en 1967 est sans doute très de proche du demi-​​million.

Comme le sou­ligne le Bureau israélien, la moitié de cette popu­lation sup­plé­men­taire enre­gistrée en 2009 concerne les trois plus grandes colonies que les Israé­liens entendent annexer. Les deux pre­mières, Modiin Illit (44 000 habi­tants) et Betar Illit (36 000), peuvent l’être d’autant plus faci­lement qu’elles jouxtent la Ligne verte de 1949. Il n’en va pas de même avec Maale Adoumim (34 000), à l’est de Jéru­salem et qui pourrait, en cas de connection ren­forcée avec la ceinture de quar­tiers de colo­ni­sation érigés à l’est de la Ville sainte par­achever ce dis­po­sitif visant à rendre impos­sible une par­tition de Jérusalem.